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PROCHE-ORIENT

Jeudi 21 juin 2012 4 21 /06 /Juin /2012 08:15

Syrie

(source:wikipedia)

A lire, L'Histoire n°375, mai 2012, consacré à la Syrie.

 

I Naissance de l'esprit national.

 

1°) Nahda, la Renaissance.

 

Avec la lente décomposition de l'Empire ottoman face à un Occident triomphant, des hommes politiques et intellectuels arabes vont s'interroger sur la modernisation nécessaire du monde arabe, pour s'arracher de la domination ottomane et redonner au monde musulman sa puissance d'antan.

 

a°) Mehemet Ali, le modernisateur de l'Egypte.

Mehemet Ali

 

mehemet-ali-egypte.jpg

(source:wikipedia)

le fossoyeur des Mamelouks qui avait gouverné l'Egypte durant 600 ans, prit le pouvoir en 1811 et le garda jusqu'à sa mort, en 1849, avec l'appui du sultan ottoman. Père de l'Egypte moderne, il axa sa politique sur la modernisation du pays, en construisant une infrastructure, en ouvrant des écoles, en développant l'imprimerie et en organisant une armée.

En conflit avec le sultan, les armées égyptiennes vont envahir la Palestine et la  Syrie, en 1831, écrasant les ottomans à la bataille de Konya, en 1832. Le salut de Constantinople prit le visage d'une intervention dipomatique franco-anglaise, qui imposa aux deux adversaires, une solution négociée, en 1833. La Palestine et la Syrie furent léguées à l'Egypte.

Mais le sultan reprit le chemin de la guerre, peu après, et il fut défait, une seconde fois par les troupes égyptiennes, en 1839, à Nisibe.

Les puissances occidentales, inquiètes du sort de l'immense Empire ottoman, imposent le Traité de Londres par la force, en 1840, puisque un corps expéditionnaire anglais débarquera en Syrie et investira Beyrouth et Acre, pour faire plier Mehemet. Ce dernier gardera l'Egypte mais perdra la Syrie.

 

b°) Jamal Al-Din, pour un islam éclairé.

 

Jamal al-Din surnommé al-Afghani,

 

al-afghani-barbu-barbe.jpg

 

développera une nécessaire réinterprétation du texte coranique par le biais de la modernité (ce qui est totalement opposé au courant salafiste ou islamiste radical). Réformiste, voulant adapter l'islam au monde moderne, il répondra au philosophe français, Ernest Renan, qui au cours d'une conférence à la Sorbonne, avait affirmé que la religion musulmane était contre l'esprit scientifique. Voici la magnifique introduction de la réponse d'Al-Afghani à Renan:

 

 "En songeant toutefois que la religion chrétienne a précédé de plusieurs siècles dans le monde la religion musulmane, je ne peux pas m’empêcher d’espérer que la société mahométane arrivera un jour à briser ses liens et à marcher résolument dans la voie de la civilisation à l’instar de la société occidentale pour laquelle la foi chrétienne, malgré ses rigueurs et son intolérance, n’a point été un obstacle invincible. Non, je ne peux admettre que cette espérance soit enlevée à l’islam. Je plaide ici auprès de M. Renan, non la cause de la religion musulmane, mais celle de plusieurs centaines de millions d’hommes qui seraient ainsi condamnés à vivre dans la barbarie et l’ignorance". 

 

2. Les précurseurs du nationalisme arabe.

 

a°) La Syrie de Butros al-Bustani.


Ce sont des intellectuels, comme Butros al-Bustani,

 

Butrus_bustani.jpg

(source: wikipedia)

 

qui vont valoriser le patrimoine arabe de la région et redécouvrir le terme "Surya", utilisé dans l'Antiquité, qui ferait référence à une patrie syrienne.

Bustani est un fervent défenseur de la patrie syrienne et du nationalisme arabe, qui devrait transcender les appartenances religieuses et promeut l'idée d' un Etat séparé de la religion.

 

b°) Abd al-Rahman al-Kawakibi, pour la connaissance et la démocratie.

 

Né à Alep, dans une famille bourgeoise, le syrien al-Kawakibi stigmatisera l'abolition de la Consititution ottomane par le sultan Abdul-Hamid II, en 1876, consacrant le retour à l'autocratie. Il sera un moment emprisonné par les ottomans et se réfugiera en Egypte, où il continuera à critiquer le sultan.

Dans le sillage d'al-Afghani, al-Kawakibi affirme que c'est par la connaissance et le savoir que les arabes sortiront de l'obscurantisme religieux, alimenté par le pouvoir ottoman.

Dans son livre "Caractéristiques du despotisme", écrit en prison, il se montre le fervent partisan du régime démocratique, de la séparation des pouvoirs, seule manière d'éviter le retour d'un despote, et le respect de toutes les religions.

 

3°) La Première guerre mondiale ou le renouveau arabe.

 

a°) La répression ottomane.

 

Les mouvements nationalistes arabes vont se développer à la fin du 19eme et au début du 20eme, durement réprimés par le pouvoir ottoman. A Beyrouth, en 1915, 23 autonomistes syriens sont exécutés sur ordre du gouverneur ottoman, Djamel Pacha.

 

b°) Le nationalisme arabe instrumentalisé par les anglais.

 

Alors que la première guerre mondiale faisait rage, les anglais, par le biais du général MacMahon, haut-commissaire britannique en Egypte, vont alimenter le nationalisme arabe contre l'Empire Ottoman, allié des allemands et des austro-hongrois.  Ce dernier promet à Hussein, chérif de la Mecque, l'indépendance des arabes si ceux-ci combattent les germano-turcs.

Mais les franco-anglais essaient surtout d'utiliser tous les moyens pour gagner la guerre, en faisant des promesses qu'ils ne tiendront pas. Et la contradiction de la politique anglaise est patente lors de la déclaration de Balfour, dans laquelle le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, se déclare en faveur d'un foyer de peuplement juif en Palestine.

 

c°) Les accords Sykes-Picot ou le partage de l'Empire ottoman.

 

Les accords Sykes-Picot, du nom des deux négociateurs anglais et français, signés en 1916, illustrent la duplicité des anglais par rapport aux arabes. Ils attribuent aux deux puissances les zones d'influence dans le futur empire ottoman démembré, après la victoire.

 

d°) Fayçal et Lawrence d'Arabie ou le rêve de la Grande-Syrie avortée.

 

Avec l'aide du colonel Lawrence, immortalisé dans le beau film de David Lynch, Lawrence d'Arabie,

 

Peter_OToole_in_Lawrence_of_Arabia.jpg

(Peter O'Toole, dans le rôle de Lawrence d'Arabie, source: wikipedia)

 

Fayçal, le fils d'Hussein, repousse les armées ottomanes et conquiert Damas, en octobre 1918. Il sera proclamé roi de l'Etat indépendant de Syrie, en 1920. Mais les alliés ne l'entendent pas de cette oreille et lors de la conférence de San Remo, en avril 1920, la France recevait un mandat sur la Syrie et l'Angleterre obtenait la Palestine, l'Irak et la Jordanie.

Le 24 juillet 1920, les troupes françaises commandées par le général Gouraud, écrasaient les armées syriennes de Youssef al-Azmeh, à Khan Mayssaloun, mettant fin au rêve d'une Grande Syrie indépendante.

 

II. Du mandat français à l'indépendance.

 

Le mandataire français va diviser pour mieux régner, et s'appuyer sur les minorités pour tuer dans l'oeuf la résurrection de la Grande-Syrie.

1°) Le mandat français (1920-1946).

a°) La création du Grand Liban.

 

Coincé entre la Méditerranée et le mont Liban, cette bande côtière de 250 kilomètres qui se nomme Liban était surtout habité par des chrétiens maronites. Cette Eglise orientale, soumise à Rome, avait accepté les principes du concile de Chalcédoine, en 451 après J.C.

En 1920, la puissance française, soutenant les chrétiens maronites, créent le Liban, qu'elle détache de la Syrie.

 

b°) La fragmentation de l'espace syrien.

 

Le mandataire français va diviser la Syrie en plusieurs autres Etats:

- l'Etat de Damas.

- l'Etat d'Alep.

- l'Etat du djebel druze au sud.

- l'Etat des alaouites, sur la côte.

- l'Etat du Sanjak.

 

687px-Mandat-de-syrie.png

(Source:wikipedia)

 

c°) L'accord Viénot et l'horizon de l'indépendance.

 

L'arrivée au pouvoir du Front Populaire, en 1936, va déboucher sur des négociations entre Paris et les nationalistes syriens qui se traduira par l'accord Viénot, promettant l'indépendance à la Syrie en contrepartie d'avantages politiques et économiques.

 

d°) Le cession d'Alexandrette à la Turquie.

 

En 1939, pour neutraliser la Turquie, dans la future européenne qui s'annonce, les français lèguent le Sandjak d'Alexandrette.

Ce territoire est toujours la cause de tensions entre la Syrie et la Turquie, puisque la première considère que le Sandjak lui a été volé.

 

e°) La guerre franco-française de Syrie.

 

Lors de la seconde guerre mondiale, la Syrie vichyste, sous l'autorité du général Dentz, prend une certaine importance après la révolte de Rachid Ali contre les anglais, en Irak. Les britanniques, avec l'aide des forces gaullistes, vont lancer l'opération Exporter, en juin 1941, pour arracher la Syrie à l'influence vichyste, ce qui sera fait en juillet 1941. Le 14 juillet, vichystes et anglais signent l'armistice de Saint-Jean d'Acre, ce qui met en fureur le général de Gaulle, les français libres n'ayant pas été invités aux négociations. Cet impair britannique sera modifié lors des accords Lyttleton-De Gaulle, 10 jours plus tard.

 

II.La Syrie indépendante.

 

1°) 24 ans d'instabilité.

 

a°) 3 coups d'Etat en 1949 !

 

La Syrie devient indépendante en 1946, avec à sa tête, Shukri al-Kuwatli. Mais la victoire israélienne lors de la première guerre israélo-arabe, en 1948, va être fatale à Kuwatli, renversé par  le colonel Husni al-Zaim, soutenu par le Parti social nationaliste syrien, mouvement à tendance fasciste, partisan d'une Grande-Syrie.

Mais le nouvel homme fort de Damas va trahir le fondateur du PSNS, Antoun Saadé, qui, réfugié dans la capitale syrienne, après un coup d'état avorté au Liban, en 1949, sera livré par Zaim aux libanais, crise de lèse-parti qui sera payé dans le sang, par l'assassinat du même Zaim, la même année, par un membre du PSNS, Sami al-Hinnawi.

Mais un troisième coup d'état va marquer cette année 1949, en décembre, perpétré par Adib Chickackli, qui restera au pouvoir pendant 5 ans.

 

b°) L'éphémère République arabe unie (1958-1961).

 

De 1958 à 1961, dans le sillage du Président égyptien Nasser,

 

nasser-egypt.jpg

(source:wikipedia)

 

la Syrie et l'Egypte, unissent leur destin dans une République arabe unie. Mais en 1961, un coup d'état va faire éclater cette union et le rêve panarabe de Nasser.

 

c°) Le parti Baas au pouvoir.

En 1963, un coup d'état téléguidé par le parti Baas, porte  la tête de la Syrie, Amin al-Hafez.

Le Parti Baas a été crée en 1947, à Damas, pour prôner un panarabisme socialisant sous la houlette d'un chrétien, Michel Aflaq.

Taraudé par une aile nationaliste et une autre marxiste, c'est la première, qui l'emportera, en 1970, avec l'arrivée au pouvoir, après un énième coup d'état, du général Hafez el-Assad.

 

2°) La Syrie des Assad (1970- ...).

 

a°) Un régime autoritaire.

 

L'instabilité chronique des régimes politiques syriens depuis l'indépendance, la mosaïque de peuple et la diversité confessionnelle du pays, entre sunnites, alaouites, druzes, chrétiens, va pousser Hafez el-Assad

 

Hafez_al-Assad.jpg

 

à diriger le pays d'une main de fer, s'appuyant sur la police et l'armée pour faire régner l'ordre, par la répression.

Le nouvel homme fort de Damas est un alaouite, communauté chiite qui compose 10 % de la population syrienne, nettement minoritaire par rapport au 60 % de sunnites. Cette situation ne fera que renforcer sa politique de coercition envers les syriens, en majorité sunnite.

 

b°) Le combat pour la Palestine contre Israël.

 

Les états arabes de la région se focalisèrent sur le problème israélo-arabe. Les défaits militaires syriennes en 1967, 1973 et 1982 contre le puissant voisin israélien ont été durement ressenti par le régime de Damas.

Après la guerre des 6 jours, en 1967, les israéliens ont occupé le plateau du Golan, région syrienne, qui fut annexé en 1981.

La question de la restitution du Golan à la Syrie, consacré par la résolution de l'ONU n°242, reste un préalable obligatoire pour entamer un nouveau processus de paix, entre les deux pays.

Les accords de paix entre la Jordanie, l'Egypte et Israël, ainsi que les accords entre l'OLP et l'état israélien, ont désarticulé ce front arabe pour la Palestine, dont Damas se faisait le héraut.

Mais avec l'invasion israélienne du sud-Liban, en 1982, la Syrie et l'Iran, ont soutenu la création du Hezbollah, mouvement chiite libanais, pour lutter contre les israéliens. 

Le Hezbollah soutenu par Damas, a un double intérêt pour les syriens:

- faire pression sur Israël, puisque du sud-Liban, les troupes d'Hassan Nasrallah, peut bombarder les territoires israéliens.

- empêcher tout majorité stable au Liban, pour

c°) Le Liban, arrière-cour syrienne.

 

Les syriens et des mouvements libanais, comme le PSNS, n'ont jamais accepté la création du Liban, par les français, et rêvent toujours d'une Grande-Syrie.

En 1975, phalangistes chrétiens et palestiniens font parler les armes, débutant une cycle de violence qui va durer 15 ans. En 1976, l'armée syrienne intervint pour imposer un "cessez-le-feu", qui n'arrivera que beaucoup plus tard. La Syrie exploita le chaos libanais pourj contrôler le pays. Même après la fin de la guerre civile, en 1990, les troupes syriennes restèrent dans le pays, faisant du Liban un quasi-protectorat.

Mais en 2005, l'ancien premier ministre libanais, Rafiq Hariri,

 

Hariri.jpg

 

de confession sunnite, farouchement opposé à la Syrie, fut tué dans un attentat à la bombe. Damas fut soupçonné d'être le commanditaire de l'assassinat. L'émoi au Liban fut immense, et la communauté internationale, sous l'impulsion de Jacques Chirac et George W.Bush, fit appliquer la résolution n°1559 de l'ONU, sur le retrait des troupes syriennes du Liban.

 

d°) La Syrie de Bachar el-Assad.

 

Succédant à son père, Hafez, décédé en 2000, Bachar el-Assad

 

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malgré son modernisme apparent, a continué la politique de son père, ne démocratisant pas le régime syrien et continuant son alliance stratégique avec l'Iran.

Depuis le début de l'année 2011, dans le sillage des révolutions arabes, la population syrienne s'est révolté entraînant une spirale de violence qui continue. C'est la révolte des syriens avides de nouvelles libertés, mais c'est aussi le conflit entre une majorité sunnite contre la minorité alaouite, chiite, du président Assad, financé par l'Arabie Saoudite.

Nous pouvons donc avoir deux lectures du mouvement de contestation de 2011 :

- une révolte aspirant à une démocratisation du régime.

- une révolte alimentée par l'argent saoudien, pour imposer un régime islamique d'obédience sunnite, contrôlé par les Frères Musulmans, porteur de sombres lendemains pour les minorités chiites et chrétiennes du pays.


 

Par Tietie007 - Publié dans : PROCHE-ORIENT - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 19 juin 2012 2 19 /06 /Juin /2012 08:12

Syrie.png

(Source: wikipedia)

 

La Syrie actuelle n'épouse pas la géographie de la "Grande-Syrie", qui comprenait le Liban, la Jordanie, Israël, la Palestine et une petite partie de la Turquie actuelle.

Le territoire syrien fut toujours stratégique, car il est l'interface (=le lien) entre l'Afrique et le Moyen-Orient asiatique et fut disputé, tout au long de son histoire, par des puissances concurrentes. De plus, sa proximité avec l'Egypte, grenier à blé durant l'Antiquité, en faisait une zone importante, dont le contrôle permettait  d'accéder ou de protéger l'antique terre des pharaons 

Elle fut aussi une territoire qui vit l'urbanisation émerger et concentra le premier royaume chrétien.

 

I. Des phéniciens aux romains.

 

1°) Alep et Damas, deux des villes les plus anciennes du monde.

 

L'urbanisation est apparue en Syrie au IVeme millénaire avant J.C., juste après l'apparition du phénomène, en basse-Mésopotamie (L'Irak aujourd'hui), qui vit la naissance de la cité d'Uruk, sur l'Euphrate. Alep et Damas sont habitées depuis près de 5000 ans !!

 

2°) Les phéniciens, peuple de commerçants méditerranéens.

 

La Phénicie correspond au Liban actuel, à une partie de la Syrie et de la Palestine. C'est un peuple de navigateurs et de commerçants qui vont créer des cités sur tout le pourtour méditerranéen, comme la célèbre Carthage, au 9eme siècle avant JC (aujourd'hui Tunis). Contrairement aux grecs, les phéniciens ne cherchent pas à s'installer dans des terres lointaines avec des colons, mais à construire des ports qui seront des comptoirs achetant leurs marchandises et servant d'interface (= de lien) avec l'arrière-pays, comme le feront les vénitiens, 2000 ans plus tard !

 

3°) Egyptiens contre Hittites.

 

Au deuxième millénaire avant JC, l'empire égyptien va s'opposer à l'empire hittite, qui épousait l'Anatolie, la Mésopotamie et une partie de la Syrie.

 

hittite.png

(Source: wikipedia)

 

Le choc entre les deux empires va se concrétiser à Qadesh, en 1274 avant J.C, dans le sud de la Syrie, première bataille de l'histoire universelle pour laquelle nous avons des sources écrites, puisque Ramsès II, commémora la bataille sur les murs de plusieurs temples.

 

qadesh-kadesh-liban.png

(Source: wikipedia).

La bataille eut une issue incertaine, et ne vit, certainement, aucun adversaire l'emporter, mais le pharaon instrumentalisa (=se servit) cette bataille à des fins de propagande et transforma un "match nul" en une victoire légendaire !

 

4°) Les peuples de la Mer et les assyriens.

 

L'empire hittite et les phéniciens vont être sumbergés par les peuples de la Mer, expression générique désignant des envahisseurs mal idendifiés, et surtout par les assyriens (ou araméens), peuplades du nord de la Mésopotamie, qui, au 8eme et 7eme siècle avant J.C. vont envahir et contrôler la Turquie, l'Irak, la Syrie, le Liban et une partie de l'Iran.

 

assyrie syrie sexy

(Source: wikipedia)

L'empire assyrien, développa une civilisation brillante, notamment au niveau architectural, avec ses magnifiques taureaux androcéphales (= avec une tête d'homme) que l'on peut admirer au musée du Louvre.

Taureau-aile-fly-corrida-assyrie.jpg

(Source: wikipedia).

 

5°) Des Perses à Alexandre le Grand (-539 à -320 avant JC).

Affaiblie par les conflits internes, l'Assyrie va s'affaiblir, avant de s'effondrer, à la fin du 7eme siècle avant J.C, pour des raisons encore inconnues. En 539 avant J.C, c'est Cyrus le Grand, fondateur de l'émpire achéménide (ou Empire Perse), qui s'étendra du Pakistan à l'Egypte, en passant par l'Anatolie, qui contrôlera la Syrie. 

Empire gigantesque, l'empire Perse passera son temps à combattre les cités grecques mais sera terrassé par les phalanges macédonienne d' Alexandre le Grand.

 

alexandre-le-grand.jpg

(Source:wikipedia)

 

Lors des batailles du Granique et surtout d'Issos, en 333 avant J.C, Alexandre sur son cheval Bucéphale, s'ouvrira le territoire syrien puis égyptien.

 

6°) Les lagides contre les séleucides (-320 à -64 avant JC).

 

A la mort d'Alexandre, 10 plus tard, les compagnons du macédonien vont se partager son immense empire. Ptolémée, un lagide, prendra l'Egypte et la Syrie alors que Séleucos s'installera en Mésopotamie et en Perse.

De 274 à 168 avant JC, soit durant plus de 100 ans, armées lagide et séleucide s'affonteront pour le contrôle de la Syrie, interface entre l'Afrique et l'Asie, dans ce que les historiens appeleront les guerres syriennes. Au final, la Syrie sera annexée à l'Empire Séleucide, par Antiochos III, en 195 avant J.C, qui profitera des problèmes internes en Egypte, affaiblissant la dynastie lagide.  

Pendant ces 270 ans de présence héllène, de nouvelles cités vont être créées, comme Antioche, nouvelle capitale royale sur le bas Oronte, avec son port, Séleucie,  et des colonies militaires comme Apamée.

 

7°) La Syrie romaine (-64 av JC à 395 après JC).

 

a°) La Syrie tombe aux mains de Pompée.

 

En 67 avant J.C, le consul romain Pompée reçoit un commandement du Sénat romain pour éliminer la piraterie en Méditerranée, qui s'attaquait aux bateaux de céréales venant d'Egypte et ravitaillant Rome. Mais cette mission a surtout pour objectif d'éliminer le roi Mithridate VI, du royaume du Pont Euxin, qui domine toute l'Anatolie. L'année suivant, il chasse le roi anatolien ouvre à Rome les territoires du Proche-Orient, notamment la Syrie, qui deviendra province romaine en 64 avant J.C et la Judée.

 

b°) La bataille de Carrhes ou la destruction de 3 légions romaines par les Parthes.

Les Parthes étaient un peuple venant de la Caspienne. Ils constituèrent un immense ensemble politique, à l'est de la Syrie,  sur les cendres de l'Empire séleucide. Nécessairement, les deux impérialismes (=volonté de dominer) romain et parthe ne pouvaient que s'affronter.

En 55 avant J.C, Crassus,

 

crassus-spartacus-syrie.jpg

(Source: wikipedia)

 

le vainqueur de Spartacus et des ses esclaves, est nommé proconsul en Syrie. Avide de gloire, le romain, avec 3 légions, veut desserer l'étau parthe, à l'est qui menace la province syrienne.

Au Printemps 53 avant J.C, Crassus et ses légions traversent l'Euphrate à Zeugma, comme l'avait fait Alexandre. Des alliés de Rome avaient fourni des contingents de guerriers, comme les 1000 cavaliers gaulois commandés par le fils de Crassus, Publius et le roi Agbar d'Edesse, avait en partie financé cette expédition.

A Carrhes, les cataphractaires, cavaliers lourds dotés d'immenses lances et les archers parthes sur leurs chevaux, disposant d'un arc composite tirant des flèches deux fois plus loin que leurs homogues romains, commandés par le général Suréna, vont mettre en pièce les légions adversaires. Crassus, se rendant à l'ennemi, sera exécuté et de l'or sera fondu dans sa bouche, en signe de sa cupidité (=goût pour l'argent). 7 aigles romains iront ornés les temples de Ctésiphon, la capitale du roi parthe Orodès II.

Auguste les récupèrera 33 ans plus tard !

 

c°) L'hellénisation et la romanisation de la Syrie.

 

250 ans de présence hellène suivie par la conquête romaine marquèrent profondément la Syrie. Progressivement, la langue phénicienne disparut au profit du latin. Des éminents philosophes, comme Posidonios d'Apamée furent connus dans tout l'Empire, et le dernier historien de l'Empire romain, Ammien Marcellin, était d'Antioche.

 

8°) Au pays des premiers chrétiens.

 

Si Paul de Tarse eut une révélation sur le chemin de Damas, et se convertit au christianisme,

 

caravage-paul-damas.jpg

(La conversion de Paul sur le chemin de Damas, Le Caravage, source: wikipedia).

 Saint-Pierre fut le premier évêque d'Antioche, et la cité syrienne fut la patrie d'un des premiers Pères chrétiens de l'ère apostolique, Ignace.

Quand l'Eglise catholique s'organisera autour de 3 patriarcats, le patriarche d'Antioche sera la plus haute autorité religieuse de l'église d'Orient.

Le royaume d'Edesse, fondée par des colons macédoniens,  appelé aussi l'Osroène, territoire contigu à la Syrie, fut, avec la conversion au christianisme de son roi Agbar, au 1er siècle après J.C, le premier royaume chrétien de l'histoire. C'est d'ici, que des chrétiens sont partis évangéliser la Mésopotamie, au 2eme siècle après J.C.

Le concile de Chalcédoine, en 451 après J.C, consacrant la double nature du Christ, humaine et divine, va diviser les chrétiens d'Orient. Certains vont suivre les décisions du Concile, d'autres vont continuer à croire à l'unique nature du Christ et vont intégrer l'Eglise monophysite.

 


9°) La Syrie entre les Empires byzantin et sassanide (395-636).

 

La création de l'Empire romain d'Orient, sous l'empereur Constantin, au début du 4eme siècle après J.C, va rattacher la Syrie à ce dernier. La région sera donc toujours romaine, malgré la chute de l'Empire romain d'Occident, submergé par les barbares, en 476 après J.C.

Mais attisera encore une fois la convoitise du nouvel empire sassanide, crée en 224 après J.C sur les cendres de l'Empire parthe.

Jusqu'à la conquête arabe, 400 ans plus tard,  les deux empires se livreront de nombreux combats pour le contrôle de la Syrie, passage obligé vers l'Egypte.


II. La Syrie des arabes aux ottomans.

 

1°) La Syrie arabe (636-1258).

a°) Le dynamisme de l'islam.

 

Au début du 7eme siècle, une nouvelle religion, l'islam, apparaît dans la péninsule arabique sous l'action du prophète Mahommet. A sa mort, en 632 après J.C, le calife Abou Bakr, lance ses armées musulmanes contre l'Irak  des perses sassanides, qui est pris sans coup férir.

En 634, c'est contre la Syrie byzantine que les troupes du calife s'attaquent.

b°) La bataille de Yarmouk, 636 après J.C.

 

Il y a des batailles qui ont une dimension symbolique et donc l'écho traverse les siècles. La bataille de Yarmouk en fait partie. Rivière délimitant la frontière entre la Syrie et la Jordanie, Yarmouk connut l'affrontement, en 636 après J.C, des armées arabe et byzantine.

Les armées de l'empereur d'Orient Héraclius, supérieure, numériquement, mais composites (=hétérogènes, composées d'une mosaïque de soldats venant de plusieurs royaumes) sont opposées aux troupes du général arabe invaincu, Khalid ibn al-Walid.

C'est la défection de 12 000 cavaliers ghassanides, des arabes chrétiens intégrés dans l'armée impériale, , qui n'avaient plus été payés depuis un moment, qui précipita la défaite de l'armée byzantine, et qui ouvrit le Levant puis l'Afrique aux armées musulmanes.

c°) La Syrie des Omeyyades (636 à 750).

 

Entre 636 et 641, les omeyyades, une dynastie de Calife prennent la Syrie et feront de Damas la capitale d'un empire qui s'étendra de l'Indus à la péninsule ibérique.

C'est durant cette période que la grande mosquée de Damas fut édifiée et que l'art architectural islamique est né, avec la Mosquée du Dôme du Rocher, à Jérusalem.

 

Dome_of_the_Rock1.jpg

 

d°) La Syrie des Abbassides (750 à 1258).

 

En 750, une dynastie de calife concurrente, les abbassides, affronte les omeyyades du calife Marwan II,  à la bataille du Grand Zab, sur les rives du Tigre, en Irak. Ce dernier est battu est les abbassides investissent l'empire omeyyade, dont un des descendants trouvera refuge dans l'Espagne andalouse, fondant une brillante civilisation islamique, à Cordoue.

Les nouveaux maîtres de l'Empire, déplaceront le centre de celui-ci vers l'Irak, en déplaçant leur capitale de Damas à Bagdad, qu'ils fonderont en 762.

Mais l'histoire des abbassides fut un long déclin. L'empire musulman, trop vaste, était soumis à des forces centrifuges et à des attaques extérieures. Les Fatimides, dynastie chiite, gouverneront à partir de l'Egypte, une partie du Moyen-Orient, au 10 et 11eme siècle.

Mais ce sont surtout les turcs seljoukides, du 10 au 13eme siècle, qui vont monter en puissance, et  dominer la Syrie.

 

Ce sont les mongols qui terrasseront les abbassides, en 1258.

 

2°) Les royaumes latins d'Orient (1099-1291).

 

En 1095, lors du concile de Clermont, le pape Urbain II, lance un appel à la Croisade pour reprendre les lieux-saints aux infidèles musulmans.

Cette première croisade investira Antioche en 1098 et surtout Jérusalem en 1099.

Les premiers royaumes latins d'Orient seront crées, dont le comté d'Edesse, la principauté d'Antioche, le Comté de Tripoli et le Royaume de Jérusalem.

 

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(Source: wikipedia)

Saladin, né à Tikrit et mort à Damas, sera un des grands adversaires des royaumes francs d'Orient et sera l'artisan de la reprise de Jérusalem, en 1187.

Mais éloignés de l'Europe chrétienne, isolés dans un environnement hostile, et quasi-abandonnés par une chrétienté de plus en plus divisée, les royaumes chrétiens vont se réduire comme peau de chagrin, avant de disparaître en 1291.

 

3°) Les Mamelouks contrôlent la Syrie (1260-1517).

 

Alors que l'Empire abbasside se délite (=s'affaiblit) sous les coups de l'invasion mongole, les mamelouks d'Egypte, serviteurs puis protecteurs des califes abbassides, vont arrêter les hordes mongoles en Syrie.

En effet, en 1260, près de Jénine, en Palestine, mamelouks, aidés par les croisés, et mongols vont s'affronter à Aït Djalout.

 

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(source: wikipedia)

Les mongols, battus, seront éjectés de la Syrie, ce qui ne les empêcheront pas de prendre Bagdad, 30 ans plus tard, et de mettre fin au règne des abbassides.

Jusqu'à l'arrivée des ottomans dans la région, en 1517, la Syrie et le Proche-Orient seront, pendant 250 ans, sous la domination des mamelouks.

 

4°) La Syrie ottomane (1517-1918).

 

Les ottomans de Mehmet II, investissent Constantinople, dernier vestige de l'Empire romain, en 1453, clôturant la periode médiévale. Ce nouvel Empire s'étend de l'Indus aux Balkans.

En 1516, Selim 1er, petit-fils de Mehmet le Conquérant, dont le portrait fut tiré par Gentile Bellini, aujourd'hui au National Gallery de Londres, écrasa les forces mameloukes près d'Alep, lors de la bataille de Marj Dabiq, s'ouvrant ainsi les routes vers l'Egypte et l'Afrique du Nord et intégrant la Syrie à l'Empire ottoman.

La Syrie restera sous l'emprise ottomane jusqu'en 1918.

 

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Par Tietie007 - Publié dans : PROCHE-ORIENT - Communauté : Passion Histoire
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