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Afghanistan

Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 10:17

daoud khan afghanistan

 

Sources:

- Le carrefour afghan de Bernard Dupaigne et Gilles Rossignol, Gallimard, 2002, collection Folio actuel.

- Al-Qaida, La véritable histoire de l'islam radical de Jason Burke, édition La Découverte, 2003.

 

J'ai complété ces deux sourcs principales avec des liens Wikipedia et d'autres sources comme celles de Bassirat.

 

I. Daoud Khan, entre soviétique et islamiste !

 

1°) Daoud: le Prince rouge.

 

Le coup d'état dans la nuit du 16-17 juillet 1973, piloté par des éléments communistes et républicains de l'armée afghane, mit fin à 50 ans de règne du roi Zaher.

C'est le cousin du roi et ancien premier ministre, dans les années 50-60, Mohammed Daoud Khan, qui prend le pouvoir, avec un gouvernement dont la moitié des ministres sont d'obédience communiste, tendance Partcham. Le changement de régime s'est fait dans l'indifférence complète, comme si le pays réel ignorait le pays "légal" !

Dès le 20 août 1973, Daoud annonce, dans un discours, une réforme agraire basée sur la constitution de coopératives, son alliance indéfectible avec l'URSS et réveille la querelle avec le Pakistan sur le Pachtounistan, avec la remise en cause de la ligne Durand !

Le roi Zaer Shah avait toujours essayé de mener une politique d'équilibre, entre les deux blocs, Daoud, lui, va s'inféoder au puissant allié soviétique, plus par désintérêt américain pour le pays, que par véritable parti pris idéologique. L'aide américaine ayant drastiquement baissé dans les années 60, puisqu'elle fut divisée par 3, et les nord-américains préférant soutenir le Pakistan, le nouveau chef de l'Afghanistan n'avait pas trop le choix de ses alliés et entra donc, en reculant, dans l'orbite soviétique.

 

2°) Daoud, otage des communistes ?

 

Cerné par les communistes afghans du Partcham, au sein de son gouvernement, et par une armée pro-soviétique, le Prince Rouge essaie de trouver de nouveaux alliés pour ne pas dépendre uniquement de l'URSS. Il se rapproche du shah d'Iran, en 1975, qui lui accorde un prêt de 710 millions de $.

Il éteint la hache de guerre avec le Pakistan, en 1976, à la suite des visites croisées avec Ali Bhutto, et Daoud Khan acceptera alors la ligne Durand et renoncera, de fait, à reconstituer le Pachtounistan, région transfrontalière chevauchant les deux pays.

 

pachtounistan-pachtunistan-ben-laden.JPG

 

3°) La menace islamiste et le coup d'Etat de 1975.

 

Si les mouvements marxistes se sont développés, chez les étudiants, dans les années 60, c'est le cas aussi pour les mouvements islamistes afghans. En 1965, alors que des communistes afghans fondaient le PDPA, des étudiants islamiques créaient l'Organisation de la jeunesse musulmane, surnomée Ikhwan  , qui remporta les élections étudiantes en 1972. Et, déjà, à l'époque, les leaders islamistes étaient un certain Burhanuddin Rabbani,

 

rabbani-islamiste-afghan.jpg

 

 

un tadjik, maître de conférence en étude religieuse. Proche des Frères Musulmans, il avait étudié à la Mosquée Al-Azhar, au Caire, dans les années 50, et il avait été le premier à traduire les écrits radicaux de Sayyid Qutb, d'arabe en dari, dialecte parlé par les minorités non-pachtounes, en Afghanistan. Abd al-Rab al-Rasuf Sayyaf et Gulbuddin Hekmatyar,

 étudiant en génie civil, un temps rallié au marxisme, avant de rejoindre l'islamisme,  furent, à l'époque, les adjoints de Rabbani. Ces trois noms traverseront les décennies et sont toujours les leaders de l'islamisme afghan !!

Dès son arrivée au pouvoir, Daoud va réprimer le mouvement islamiste qui n'aura d'autres solutions que de se réfugier au Pakistan. Un certain Massoud, tadjik et partisan de Rabbani sera lui aussi obligé à l'exil. Ils furent bien accueillis par Ali Bhutto, le premier ministre pakistanais, qui, à l'époque était en butte à la politique agressive de Daoud, concernant la non-reconnaissance de la ligne Durand. Le conseiller de Bhutto pour les affaires afghanes était un certain Nasirullah Babar, un pachtoune, qui paria sur le pachtoune afghan Hekmatyar, au détriment du tadjik Rabbani. Les vieilles querelles ethniques allaient pendant longtemps diviser le mouvement islamiste afghan.

Aidé par l'argent saoudien et la logistique pakistanaise, les islamistes fomentent une rebellion dans le Panchir, contre le pouvoir prosoviétique de Kaboul, le 22 juillet 1975, révolte sans issue et férocement réprimée par les forces gouvernementales.

 

4°) Daoud renversé par les communistes afghans.

 

Si Daoud s'était allié avec l'URSS, c'était plus par pragmatisme que par idéologie. Pour affaiblir l'influence soviétique au sein de son gouvernement, il avait progressivement éliminé les ministres communistes de son gouvernement. Cette politique allait réunir les deux mouvances du marxisme afghan, les parchamis et les khalqis, "frères ennemis" du communisme afghan. Moscou s'aperçoit qu'il a parié sur le mauvais cheval, et une visite du président afghan en URSS, en 1977, va sceller son sort.

 

daoud-podgorny-ussr-urss.jpg

(Podgorny, le président de l'URSS, recevant Daoud Khan, en 1977)

 

Le 17 avril 1978, le secrétaire général du PPDA, Mir Akhbar Khayber est assassiné par un islamiste. Ses obsèques donnent lieu à de violentes manifestations d'oppostion contre le pouvoir en place. Daoud décide alors, le 26 avril, de faire arrêter les dirigeants du PDPA. Crise de lèse-majesté contre les soviétiques, la tentative d'élimination des marxistes du paysage politique afghan se retourna contre lui, puisque dès le lendemain, une faction de l'armée pro-soviétique prit d'assaut le palais présidentiel, massacrant Daoud et toute sa famille. Le 30 avril 1978, le pouvoir est alors confié aux communistes, et Nour Mohammed Taraki du Khalq,devint le Président du Conseil Révolutionnaire et premier ministre, 

 

nur muhammad taraki

 

Babrak Karmal, du partcham, vice-président et vice-premier ministre,

 

babrak karmal afghanistan

 

et Hafizoullah Amin, du Khalq, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

 

II.Les communistes afghans contre le pays réel ! (1978-1979).

 

1°) La Révolution de Saur.

 

Nom donné au coup d'état communiste, en référence au nom du mois du calendrier afghan, les nouveaux dirigeants marxistes entendaient moderniser l'Afghanistan à coups de réformes radicales. Comme jadis les bolcheviques l'avaient fait en Russie, le PPDA voulait réformer profondément le pays profond, aux forceps !

Le 30 juin 1978, le gouvernement annonce un train de réformes progressistes en 30 points. Mais le gouvernement de Kaboul est profondément isolé dans sa capitale et n'a quasiment aucun relai dans le pays profond, qui reste rural, traditionnel et profondément attaché à l'islam. Sans concertations préalables avec les assemblées traditionnelles pachtounes, le pouvoir veut changer la société par décret ! Evidemment, ça ne marchera pas ... Les jeunes "hussards" de la nouvelle république soviétique, parleront un langage incompréhensible aux paysans pachtounes, plus attachés à la hiérarchie villageoise et au respect des anciens qu'à la logomachie idéaliste de militants juvéniles !

La réforme agraire, le changement de statut de la femme, l'alphabétisation, et la répression contre les mollahs, tous ses idéaux progressistes sensés moderniser l'Afghanistan vont se heurter à la résistance d'une population bien trop ancrée dans la tradition et dans la religion pour accepter ces nouvelles valeurs.

 

2°) La révolte du pays profond contre les communistes.

 

C'est dans le Nouristan, province montagneuse de l'Hindou Kouch, parsemée de hauts sommets et de profondes vallées, où Kipling situa l'histoire de son Homme qui voulut être roi, que le 10 juillet 1978,

 

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le poste militaire gouvernemantal de Manougi, dans la vallée de Petch. Au même moment, une garnison se rebelle dans la province, et des conseillers soviétiques sont tués à Djelalabad. Les autorités vont mener une répression féroce jusqu'en mars 1979, avant de se retirer de cette région montagneuse, incontrôlable, pour se retirer dans ses postes de la vallée de Kounar. Le Nouristan, trop isolé,  ne sera plus inquiété pendant la guerre contre les soviétiques.

Le 13 février 1979, la situation se dégrade encore, avec l'assassinat de l'ambassadeur américain à Kaboul, Adolphe Dubbs, ce qui entraînera la rupture définitive entre le régime prosoviétique et les américains.

En mars 1979, la garnison d'Hérat  se soulève, et c'est l'aviation soviétique qui va annihiler la révolte, en bombardant la cité, faisant près de 50 000 morts. Cette intervention des russes, montrait bien que le régime de Kaboul ne tenait que grâce à son grand protecteur du Nord, et que l'Afghanistan était déjà devenu un protectorat soviétique, avant l'invasion de décembre 1979.

 

3°) Parchamis contre Khalqis.

 

Le PPDA est divisé en deux mouvances, le Partcham, persanophone et le Khalq à majorité pachtoune. En juillet 1978, Taraki le "radical", se défait de ses ministres parchamis, dont Babrak Karmal, un modéré. Mais au sein du Khalq, les inimitiés sont féroces. Le Ministre de la Défense, Hafizoullah Amin, n°2 du régime,

 

Hafizullah_Amin.jpg

 

semble viser la place de n°1. Le 10 septembre 1979, Taraki, à Moscou, a l'accord des soviétiques pour éliminer le ministre ambitieux. Mais le dirigeant afghan a mal apprécié les rapports de force au sein de son régime. Amin avait pris ses dispositions, et c'est Taraki qui va être occis par son ministre de la Défense, fin septembre 1979 ! Le 9 octobre, le Kaboul News Times, annoncera la mort du chef du gouvernement afghan, victime d'une longue maladie ...

Brejnev et Kossyguine n'oublieront pas ce camouflet ...

 

III. Les soviétiques en Afghanistan (1979-1989).

 

1°) L'invasion, le 27 décembre 1979.

 

L'élimination de Taraki ne changea rien à la difficulté du régime à gouverner. Miné par les dissensions internes, assailli par une rebellion islamiste, le régime d'Amin était proche de l'effondrement. Les soviétiques, ne voulant pas, après la révolution islamique d'Iran d'un nouveau régime islamiste à ses frontières, qui aurait pu faire tâche d'huile sur les républiques soviétiques d'Asie Centrale, se décident à intervenir.

Le 27 décembre 1979, des commandos soviétiques attaquent le palais présidentiel d'Amin, le tuant, avec toute sa famille, et désigne comme nouveau secrétaire du PDPA, le parchami Babrak Karmal.

 

 

 

 

 

Les occidentaux accueillent la nouvelle avec une certaine indifférence. Les mesures d'embargo frappant l'URSS, le 4 janvier 1980, frappant les exportations américaines de céréales vers l' Union Soviétique, seront levées le 27 avril 1981.

 

Le 11 janvier 1980, à la télévision française, en direct de Moscou, Georges Marchais, le secrétaire général du PCF annonce que les forces soviétiques sont intervenues en Afghanistan pour mettre fin au "féodalisme et au droit de cuissage" qui séviraient dans le pays des Khan ! Dans une intervention au Journal de FR3, il justifie l'invasion soviétique pour contrer une invasion qui serait venue du Pakistan !

La seule rétorsion des USA à l'encontre de l'URSS, sera le boycott des Jeux Olympiques de Moscou, cet été 1980. Boycott dont parle Georges Marchais.

 

 

2°) La résistance afghane.

a°) Une résistance émiettée.

L'invasion soviétique va définitivement déligitimer le régime de Kaboul auprès de la population. La résistance afghane, qui s'était  déjà organisée dès 1975, contre Daoud Khan, se décompose en de multiples groupes qui recouvrent des différences ethniques et religieuses.

  Le Hezb-e Islâmi (Parti islamique) de Gulbuddin Hekmatyar,

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qui incarne une tendance dure de l'islam, visant l'institution d'un Etat islamique fondé sur la charia. C'est un mouvement composé majoritairement de pachtouns et soutenu par l'ISI, les services secrets pakistanais.
Un petit film de propagande, à la gloire du combattant Hekmatyar !


Le Hezb a connu une scission, en 1979, diligenté par Younos Khales, un docteur de la loi coranique plutôt formé à l'école de Deobandi. Un des chefs du mouvement était Djalâlouddine Haqqani, qui fut proche d'un Ben Laden et qui fut financé par l'Arabie Saoudite et la CIA.
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Le Djamî'at-e Islâmi (Société islamique) de Rabbani, à majorité persanophone, de tendance islamiste modéré, très connu en Occident avec ses deux leaders:
- le commandant Massoud, le Lion du Panshir, tadjik qui tient la vallée du Panshir.

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Massoud, le francophone, ayant étudié au lycée français de Kaboul, répond à des questions d'un journaliste français :


- Ismail Khan, qui tient la région d'Hérat.

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Le Haraqât-e enqelâb-e islâmi (Mouvement de la révolution islamique), de Nabi Mohammedi, un parti religieux traditionnaliste, qui va s'affaiblir au profit du Dajmî'at de Rabbani.

 Le Djabha-e medjât-e melli (Front de Libération National) de Sebghatoullah Modjadeddi, un membre de la célèbre famille Modjadeddi, des docteurs de la loi islamique très connus, en grande partie massacrée par les communistes en 1978 et 1979.

Le Mahaz-e  Melli-e Islâmi (Front National Islamique) de Pir Sayyed Ahmad,

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parti royaliste pachtoun, qui s'est regroupé autour de l'hériter spirituel d'Abdul Qâder  Gaïlâni, fondateur de la confrérie soufie des Qâderîya, au XVe siècle.

Ettehâd-e Islâmi (Alliance islamique) d'Abdul Rasul Sayyaf, un fondamentaliste proche des saoudiens et du wahhabisme.

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 Le Choura-e ettefâq (Conseil de l'unité islamique) de Sayyed Ali Behchti qui regourpe les Hazaras chiites derrière les mollahs, dès 1979.

 Le Harakât-e islâmi (Mouvement islamique) de l'ayatollah Mohseni, implanté dans les villes.
Ce qui caractérise la résistance afghane c'est son émiettement, qui recouvre des divisions ethniques, tribales et religieuses. Les différents groupes de résistance pourront faire des alliances de circonstances, mais ne seront jamais vraiment unis contre l'envahisseur soviétique. Pour Gérard Chaliand, la résistance afghane restera très divisée et rudimentaire, jusqu'en 1984. Seul Massoud avait organisé son mouvement de manière rationnelle et unifiée.

b°) Le Bureau de Recrutement d'Abdullah Azzam.

Avec l'actualité liée à Ben Laden et à Al-Qaida, la "légion arabe" qui combattit en Afghanistan fut largement surestimée ! Milton Bearden, agent de la CIA, chargé du djihad afghan, entre 20 et 25 000 volontaires arabes sont passés par l'Afghanistan et seuls la moitié d'entre eux aurait combattu. Ahmed Rashid, dans L'ombre des talibans, parle de 35000 extrémistes musulmans, venant de 43 pays, qui seraient passés par l'Afghanistan, de 1982 à 1992. Gilles Rossignol évoque, dans Le carrefour afghan, page 268, le passage d'un tabac d'un humanitaire français par deux Blacks Muslims américains, combattant dans le groupe d'Haqqani ! Milton Bearden parle d'un véritable déplacement idéologique de la gauche vers l'islam et géographique, de la Palestine vers l'Afghanistan, qui attire l'élan djihadiste !

La figure la plus connue de cette internationale islamiste, était, non pas Ben Laden, mais Abdullah Azzam.

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Azzam, né en Palestine en 1941, diplômé en jurisprudence islamique à l'université d'Al-Azhar, au début des années 70, sera grandement influencé, pendant son séjour égyptien, par la pensée de Sayyid Qutb, idéologue islamiste radical, affilié aux Frères Musulmans,  qui prônait l'utilisation de la violence contre les gouvernements impis !  Impliqué dans le combat contre Israel, mais scandalisé par l'athéisme des palestiniens, il préféra aller enseigner la jurisprudence islamique en Arabie Saoudite. Lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan, Azzam fonda , en 1984, le Maktab al-Kadhamat (MAK) ou Bureau de recrutement, chargé de former les volontaires étrangers désirant participer au djihad afghan. Il était aussi le rédacteur en chef d'Al-Djihad, un journal en langue arabe qui collationnait les informations sur la guerre contre les soviétiques. Pour lui, le djihad était le 6eme pilier de l'islam et il promet aux combattants martyres l'accès au paradis avec 72 vierges pour le repos du guerrier mort !!


Dans son livre Défendre la terre des musulmans, il écrivait que l'Afghanistan n'était qu'un début, et qu'il faudrait continuer le djihad, après la guerre contre les soviétiques, pour que toutes les terres anciennement musulmanes, de la Somalie à l'Andalousie, reviennent, un jour, dans le giron de l'islam ! La pensée d'Azzam se veut donc internationale et non centrée sur une lutte nationale (ce sera le leitmotiv de Ben Laden, fortement influencé par Azzam), ce qui le différencie du Dr Al-Zawahiri, obsédé par l'Egypte de Moubarak !

Azzam fut tué en 1989, par l'explosion d'une bombe qui lui était destiné. Dans Les routes de la Terreur, documentaire de Fabrizio Calvi, un ancien membre du MAK évoquait la haine tenace que vouait le Dr Al-Zawahiri à Azzam. Al-Zawahiri, chef du djihad islamique égyptien, ennemi des Frères Musulmans, accusés de collaborer avec le régime de Moubarak, le président égyptien, aurait réglé ses comptes au chef du MAK, qui lui faisait de l'ombre.

c°) Ben Laden et le djihad afghan.

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Ben Laden fut avant tout un financier, qui était missionné par le prince Turki al-Fayçal, chef des services secrets saoudiens, durant la guerre soviéto-afghane. Il finance les groupes de Moudjahidin, notamment celui de Sayyaf, le seul afghan wahhabite, et le Bureau de recrutement d'Abdullah Azzam, qui encadre les islamistes du monde entier. Il fait construire des hopitaux au Pakistan, vient en aide aux veuves de guerre, et fait édifier des bunkers sous-terrains qu'il facture au prix fort aux américains !
En 1984, il passait son temps à Peshawar, au 61, rue Sayyid Jamal al-Din Afghani qu'il appelait Beit al-Ansar.
Ben Laden est alors proche d'Azzam, qu'il finance, et les volontaires arabes s'instruisent surtout dans les camps de Sayyaf, à Pabbi, près de Peshawar.
En 1986, Ben Laden fit construire, à Jagi, une base pour son propre usage, nommée la Tanière du Lion.
A la fin de la guerre, en 1989, Ben Laden oeuvra à l'unification des factions afghanes, sans trop de succès, mais avec l'aide de l'argent saoudien, 25 millions de $, il put faire nommer son protégé, Abdul Rasul Sayyaf, comme 1er ministre du nouveau gouvernement afghan. Un mois après, un assaut général fut décrété contre Jalalabad, et c'est à cette occasion, qu'on vit Ben Laden tenir une Kalachnikov dans les mains.

Contre les lieux communs, la CIA ne finança pas  Ben Laden puisque celui-ci recevait déjà beaucoup d'argent de son gouvernement saoudien. Les américains, après l'accord avec Zia, se contentait de donner l'argent ou des armes à l'ISI, qui les redistribuait comme bon lui semblait. La CIA, d'ailleurs, ne comprenait goutte aux subtilités des factions afghanes, mettant tous les moudjaihidin dans le même sac, que ce soit des islamistes modérés comme Massoud ou des foux furieux comme Hekmatyar ! Ce sera la première erreur des américains ...il y en aura d'autres !

3°) Le financement du Djihad afghan.

a°) L'ISI pakistanaise, maître d'oeuvre de la résistance afghane.

D'après Jason Burke, dans son livre, Al-Qaida, la véritable histoire de l'islam radical, Edition La Découverte, 2005, le président du Pakistan, le général Zia, aurait négocié avec les américains les modalités de l'aide US. Il était prêt à faire de l'Afghanistan un "enfer" pour les russes, mais il ne voulait pas que les américains interviennent sur le terrain, sous-traitant à l'ISI le soin de piloter la résistance afghane.
D'ailleurs, seuls les pakistanais pouvaient vraiment comprendre les subtilités des divers mouvements de résistance, mais ces derniers, évidemment, avaient une idée derrière la tête, celle de contrôler une des organisations  qui serait appelée à prendre le pouvoir à Kaboul, après le départ des soviétiques. Les pakistanais ont donc soutenu le Hezb-e Islami, d'Hekmatyar, et ont désigné ce dernier comme le chef de guerre le plus efficace, aux américains. Dans Les routes de la Terreur, un documentaire passé sur Arte, un agent de la CIA se rémémorait que l'ISI désignait toujours Hekmatyar comme le meilleur moudjahidin, pour justifier le fait que l'argent américain aille toujours vers le Hezb-e Islami. Celui-ci reconnaissait aujourd'hui, que les services pakistanais avaient intoxiqué la CIA, et que les premiers en soutenant ce mouvement, pariaient déjà sur l'avenir et l'organisation politique de l'Afghanistan post-soviétique.

b°) L'Arabie Saoudite, grand argentier du Djihad afghan.

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les américains qui ont le plus financé le djihad afghan, mais les saoudiens.
A l'époque, à l'extérieur, c'était l'Iran qui avait le vent en poupe, avec la Révolution islamique de Khomeiny, et, à l'intérieur, la légitimité des Saoud avait été remise en cause par la prise d'otage dans la Mosquée de la Mecque par les troupes islamistes de Juhayman al-Otaibi, qui préfigurait déjà le benladenisme ! Aussi, financer le djihad afghan était une manière, pour les saoudiens, de redorer leur blason et d'être présents dans la bataille contre les soviétiques athées.
D'après Jason Burke, qui cite Hamid Gul, chef de l'ISI de 1987 à 1989,  les saoudiens et les états du Golfe auraient financé les 3/4 du djihad alors que les américains se seraient contentés d'en financer le quart.
Les saoudiens financèrent en priorité le wahhabite Abdul Rasul Sayyaf, alors que les pakiastanais soutenaient Hekmatyar. Dans le cadre de cette aide, un Ben Laden était un envoyé du régime saoudien, parmi d'autres, pour s'occuper de ventiler les sommes données pour le Djihad.
L'argent saoudien servit aussi à financer des envoyés wahhabites, qui parcourèrent le sud de l'Afghanistan pour convertir des commandants locaux à leur doxa, à l'aide de $. Mais la greffe wahhabite ne prend pas, et ils n'arriveront qu'à s'implanter dans la vallée de Kounar, au nord-est de Jalalabad, et dans certaines parties du Nouristan.( source: Le carrefour afghan, page 268).

4°) 10 ans de guerre, 1979-1989.

a°) La stratégie soviétique du  "rouleau compresseur".

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Comme dans tous les conflits dits "asymétriques", entre une armée organisée et une guérilla, les soviétiques tenaient les villes et les grands axes routiers, et délaissaient les campagnes et les zones de montagne.
Leur stratégie était primaire, elle était de vider les zones autour des villes-garnisons, le long des grands axes routiers, autour des aéroports.
Les soviétiques disposeront de 150 000 hommes dans le pays, et ne pourront guère compter sur la petite armée afghane, peu fiable et minée par les désertions. Surtout que lors des offensives, les soviétiques mettaient les soldats afghans en première ligne, ce qui n'encourageait pas ces derniers à rester dans l'armée !
L'état-major de l'armée, à Kaboul, était infiltré par la résistance, qui était donc prévenue des futures offensives soviétiques, informations qui serviront à un Massoud pour résister dans sa vallée du Panshir.
Les soviétiques disposaient environ de 600 appareils de toutes sortes, en 1987, dont 245 hélicoptères d'attaque, nerf de la guerre. (Source: Le carrefour afghan, page 198).
Les Spetznatz, compagnies d'élite, feront d'ailleurs des offensives éclairs, aéroportées, redoutables !
Les offensives soviétiques suivaient une logique immuable. Des convois d'une centaines de transports blindés, des camions encadrés par une cinquantaine de chars, protégés par une vingtaine d'hélicoptères de combat, précédés par des bombardements aériens et d'artillerie. Le rouleau compresseur ravage tout, villages, maisons, canaux d'irrigation, bétails, champs, arbres fruitiers, et faisait le vide dans une région, autour d'un aéroport ou d'une garnison, entraînant l'exil de la population au Pakistan, près 5 millions de réfugiés, à la fin de la guerre. Les hommes n'ont rien à perdre et s'engagent dans la résistance. Très modeste, au début du conflit, divisée, elle ne sera guère efficace. Mais l'éparpillement des forces constitue plutôt un avantage dans ce type de guerre, et les groupes de moudjahidin qui comptaient entre 100 et 300 combattants, très mobiles, organisaient des embuscades sur les routes de montagne.
L'armée rouge n'a jamais pu réduire la résistance, très organisée, du commandant Massoud, dans sa vallée du Panshir, malgré plusieurs offensives. Pourtant, en 1984, les soviétiques ont bombardé massivement la région, obligeant les 40 000 habitants a émigré plus au nord, mais ils n'empêcheront jamais les moudjahidin de revenir attaquer les garnisons.


b°) Le tournant de 1985-1986.

L'impossible solution politique.

Au niveau juridique, le rapport du juriste autrichien Felix Ermacora, adopté le 13 mars 1985 par la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, fit l'effet d'une bombe. En effet, le document mettait l'accent sur les violations de droits de l'homme par le pouvoir de Kaboul et stigmatisait l'action de l'URSS. Véritable camouflet pour les soviétiques, le rapport légalisait, pour la première fois, les mouvements de résistance. A Moscou, Mikhaïl Gorbatchev, partisan d'une détente avec les USA,

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fit pression sur le président Babrak Karmal, pour trouver une solution politique au conflit. Le régime afghan essaie alors d'organiser des assemblées représentatives pour écrire une nouvelle Constitution et fait des appels aux religieux, promus, du jour au lendemain, du statut de "forces rétrogrades de l'obscurantisme" à celui de "vénérable clergé" ! Mais cette nouvelle politique ne trompa personne et le président Karmal dut partir, en 1986, laissant sa place à l'ancien chef du Khâd, les services secrets afghans, le Dr Mohammed Najibullah.

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Najibullah n'était peut-être par la personne idoine pour initier une politique de réconciliation nationale, avec son passé de tortionnaire ! Par contre, il était clair que les soviétiques voulaient alors sortir du bourbier afghan ! Des contacts sont pris avec l'ancien roi Zaher , avec les pakistanais et avec des forces de la résistance. Des pourpalers se déroulent à Genève, sous l'égide des Nations-Unies, et les soviétiques essaient de rallier Rabbani, à l'idée de participer à un gouvernement de réconciliation nationale. Mais on ne comble pas une décennie de répression féroce avec des formules vides. La résistance ne veut rien entendre et ne désire que le départ du gouvernement pro-soviétique.

Les Stinger, flèches mortelles pour les hélicoptères soviétiques.

Jusqu'alors, les résistants afghans bénéficiaient, surtout depuis 1983, de missiles SAM 6 et SAM 7, de lance-roquettes multiples, comme les BM 13, de fabrication chinoise, mais ces armes ne pesait guère contre les hélicoptères d'assaut blindés MI 24.
En 1986, alors que Gorbatchev cherchait une issue au conflit, la CIA livre les premiers missiles Stinger à la résistance. Arme anti-aérienne portative, les Stinger vont changer la donne du conflit, puisque le ciel afghan, jadis contrôlé uniquement par les soviétiques, va se révéler désormais fort dangereux pour les hélicoptères russes.

C'est le tournant militaire de la guerre soviéto-afghane ! Les Stinger décimèrent près de 300 hélicoptères, rendant le coût de l'occupation prohibitif pour les soviétiques et décidèrent de leur départ !

c°) Le retrait des soviétiques en 1989.

Le 8 février 1988, alors que l'URSS est minée par des problèmes intérieurs,  Gorbatchev annonça le retrait prochain des troupes soviétiques.
Le 7 février 1989, le retrait commence et le général Boris Gromov, commandant en chef, quitte l'Afghanistan le 15 février.

L'armée rouge aura perdu 13 853 soldats et 35 000 blessés, un maigre bilan par rapport au millions de civils afghans occis durant le conflit ! (Les chiffres sont variables, quant aux pertes militaires et civiles afghanes, cela va du million, estimation de Dupaigne et Rossignol à 2,5 millions, selon Wikipedia).

d°) Les conséquences du retrait soviétique.

Le départ des soviétiques n'entraîna pas l'arrêt du conflit, puisque le régime communiste de Najibullah resta en place jusqu'en 1992. Par contre, il provoqua l'arrêt des financements américains, qui laissèrent le gouvernement pakistanais avec des millions de réfugiés afghans. Dans le documentaire de Fabrizio Calvi, Les routes de la terreur, un ancien agent de la CIA évoque ce problème des réfugiés afghans, laissés à eux-mêmes, sans aide internationale, qui furent un vivier de futurs talibans et d'extrêmistes islamistes ! Pour les USA, le job était bien fini, puisque les soviétiques étaient repartis, et les financements se sont taris, laissant l'Afghanistan à sa guerre civile ! L'indifférence américaine à la situation afghane contiendra les germes des attentats du 11 septembre 2001.Car c'est sur cette terre meurtrie, que Ben Laden et Al-Zawahiri créeront Al-Qaida, en 1990.

5°) La guerre soviéto-afghane et la France.

a°) Une guerre méconnue.

De part sa position géographique, enclavée dans un hinterland montagnard, sans accès à la mer, l'Afghanistan était un pays difficilement accessible, ne possédant que peu d'infrastructures de transports.
De plus, le contexte de guerre froide entre les USA et l'URSS, rendait périlleux, pour les journalistes, de s'aventurer dans ce pays.
Pays méconnu, le conflit afghan n'a guère passionné les foules occidentales ! Amnesty International, par exemple, n'enverra jamais un enquêteur sur le terrain, durant toute la guerre et ce n'est qu'en 1987, qu'elle lancera une campagne contre la torture en Afghanistan. Pourtant, des envoyés d'associations humanitaires, comme Juliette Fournot, avaient rapporté de terribles témoignages quant aux exactions des soviétiques sur les populations civiles, mais il n'y avait pas d'images et personne ne les croyaient !

b°)  Un conflit peu médiatisé.

Christophe de Pontfilly de l'agence Interscoop, se passionna rapidement pour le combat du peuple afghan, et fut un des rares journalistes à partir sur le terrain, vivre avec les Moudjahidin, pour filmer la guerre,

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avec son compère, Jérôme Bony d'Antenne 2, jeune reporter découvert dans l'émission La course autour du monde, à la fin des années 70, et qui nous donnèrent les premières images sur le conflit afghan, dans la vallée du Panshir, dès 1982.

Jacques Abouchar, journaliste français, fut capturé par les soviétiques, le 17 septembre 1984, alors qu'il rentrait, clandestinement, en Afghanistan. Il fut condamné à 18 ans de prison par les autorités afghanes, avant d'être libéré le mois suivant.
Il y eut aussi le drame qui frappa Mohammed Chah Bazgar, auteur de Afghanistan, la résistance au coeur, (Laffont, 1987), invité d'Anne Sinclair ou de Bernard Pivot, et qui sera assassiné dans la région de Kandahar, par des miliciens communistes.
Il y aura l'association AFRANE, créée en 1980, oeuvrant pour l'amitié franco-afghane, et qui perdit un de ses sociétaires, Thierry Niquet, assassiné dans la région de Balkh, en 1986.
Si le francophone commandant Massoud fut le héros de la guerre pour les français, le conflit fut assez peu filmé, à cause de la dangerosité de l'entreprise.
Personnellement, je me rappelle de reportages sur l'Afghanistan, dans les années 80, où on ne parlait jamais de mouvements islamistes ou des "afghans arabes" ou encore d'un Ben Laden ! Mais comme la télévision française filmait la guerre soviéto-afghane par le prisme du command Massoud, dans le Panshir, un islamiste modéré,  et que celui-ci n'avait pas de rapport avec l'internationale islamiste radicale dirigée par Abdullah Azzam, cette réalité a certainement échappé aux français et à beaucoup de monde !

La guerre froide - 20 de 24 - Soldats de Dieu 1/3 par barbarius_76600

 
 
 
 

 

 

Par Tietie007 - Publié dans : Afghanistan - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 12:34

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Source principale : Le carrefour afghan de Bernard Dupaigne et de Gilles Rossignol, collections Folio actuel (Gallimard, 2002)

 

 

 

 

 


 

1°) L'Afghanistan, une zone tampon entre la Russie et l'Empire britannique.

 


 

Pays montagneux, passerelle entre la Chine et la Perse, l'Afghanistan fut traversé par la route de la soie et par divers envahisseurs. Mais sa géographie, faite de hauts sommets et de vallées encaissées ne fut jamais propice aux invasions, et l'Afghanistan ne fut jamais colonisé, certainement car son intérêt stratégique fut toujours limité. Pays continental, n'ayant pas d'accès à la mer et ne disposant pas de ressources particulières, l'Afghanistan était de plus coincé, entre deux géants, la Russie et l'Empire Britannique.

 

A°) Une marche à la périphérie de l'Empire des Indes.

 

a°) Conflit russo-anglais.

 

Limitrophe à la perle de l'Empire britannique, l'Inde, l'Afghanistan avait un intérêt pour la Grande-Bretagne. Contrôler ce territoire, c'était sécuriser la frontière nord-ouest de l'Inde et repousser l'impérialisme russe en Asie Centrale.

En 1837, une mission russe se rend à Kaboul et demande à Dost Mohammed, l'émir de la cité, d'établir des relations diplomatiques et commerciales entre les deux pays. Cette expansionnisme russe inquièta l'East India Company qui confia au persanophone Alexander Burnes (1805-1841),

 

alexander-burnes-afghanistan.jpg

 

 

le soin d'apporter  un ultimatum enjoignant à l'émir, d'arrêter toutes relations avec les russes.

 

b°) 1839: la première guerre anglo-afghane.

 

Devant son refus, le vice-roi des Indes, Lord Auckland, réunit une armée, et investit Kaboul, le 7 août 1839, déposantDost Mohammed pour le remplacer par Châh Choudjâh.

Malgré la présence des troupes anglaises autour de Kaboul, des émeutes vont éclater, et Burnes sera assassiné, ainsi que le chef de la mission britannique, McNaughten, après une discussion houleuse avec les chefs de tribus pachtouns ! L'armée britannique décide alors de quitter la région, le 6 janvier 1842, avec 650 soldats, plus de 3 500 supplétifs indiens, encombré par 10 000 membres de leurs familles, pour prendre la route de Peshawar. Dans les gorges de la rivière Kaboul, les tribus ghilzaïs les harcèlent, les scindent en plusieurs petits groupes qu'ils vont décimer ou capturer. Le Dr Brydon, un des rares rescapés du massacre, fera un rapport tragique sur l'épisode.

A Kaboul, la situation devint intenable et Châh Choudjâh est assassiné en avril 1842. Les britanniques envoient alors deux corps d'armée en Afghanistan, qui reprennent la ville le 18 septembre 1942 .

 

c°) Premier traité anglo-afghan.

 

Dost Mohammed repart alors à la reconquête de ses provinces perdues,

 

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et, en 1855 et 1857, signera deux traités avec les anglais, qui lui alloueront une indemnité mensuelle de 10 000 livres pour calmer ses ardeurs belliqueuses, notamment sur Peshawar. Les anglais qui contrôlaient l'Empire des Indes avec peu de soldats, ne pouvaient pas se permettre de mobiliser trop de troupes pour neutraliser l'émir de Kaboul et l'ont donc soudoyé pour le contrôler. La position intérieure de l'Afghanistan ne lui donnait pas une position stratégique décisive pour les anglais, et ne nécessitait pas une domination totale du pays, ce qui ne fut pas le cas de la Birmanie, envahie et soumise par une guerre en 1852.

 

d°) Seconde guerre anglo-afghane et protectorat britannique.

 

La mort de l'émir de Kaboul, en 1863, va aiguiser les appétits des puissances régionales et provoquer 15 ans de troubles. A l'Ouest, les persans occupent Seistan, au nord, les russes investissent Tachkent, en 1865, et imposent leur protectorat sur le sultanat de Boukhara, en 1868, puis sur le khant de Khiva, en 1873.

A Kaboul, en 1878, Cher Ali Kahn, le fils de Dost, refoule une délégation russe et une mission britannique conduite par Louis Cavagnari.

 

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Perçu comme un camouflet, l'attitude du Kahn provoque un casus belli chez les britanniques, qui envoient, le 20 novembre 1878, trois colonnes pour investir Kaboul. Cher Ali s'enfuit et mourra l'année suivante. Le 26 mai 1879, son fils, Ya'koub Khan, signe un traité avec les britanniques, à Gandamak,  dont les clauses sont sévères. Les anglais obtiennent plusieurs places fortes en zone pachtoune En contrepartie, les britanniques reconnaissent Ya'koub comme "émir de Kaboul" et lui verseront une pension annuelle de 60 000 livres. La région devient, in fine, un quasi-protectorat britannique.

 

Louis Cagnavari s'installe alors à Kaboul en juillet, dans un climat hostile. En septembre, une émeute éclate dans le bazar, Cagnavari et les membres de la mission britannique sont massacrés ! Une armée anglaise est envoyée pour reprendre le contrôle de la ville, commandé par le général Roberts qui défait l'armée de l'émir et occupera Kaboul, le 12 octobre 1879.

 

2°) La naissance de l'Afghanistan, entre tradition et modernité.

 

a°) Abdour Rahman, l'émir de fer (1880-1901).

 

Un petit-fils de Dost Mohammed, Abdour Rahman,

 

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réfugié dans l'émirat de Boukhara, franchit l'Amour-Daria avec ses troupes et négociera avec les britanniques, reconnaissant le traité de Gandamak, en 1883, en échange d'une reconnaissance, par les britanniques, de son pouvoir à Kaboul.

Rahman va régner jusqu'en 1901, et va unifier un pays soumis aux forces centrifuges. En effet, lorsqu'il accède au pouvoir, à Kaboul, il ne contrôle que la cité et ses alentours, puisque les autres vallées se dirigent, de fait, de manière autonome.

Alors que l'émir de fer va imposer son autorité aux autres ethnies afghanes, notamment les Hazaras, l'Afghanistan va se constituer en tant qu'état. En effet, en 1893 et 1895, une commission dirigée par Sir Mortimer Durand, secrétaire aux Affaires étrangères dans le gouvernement des Indes, va fixer les frontières entre le Pakistan et l'Afghanistan, limites acceptées par la Russie. Dans le même temps, le nom d'Afghanistan remplace l'appelation "sultanat de Kaboul", et le pays devient un sujet du droit international !

On peut considérer Abdour Rahman comme le fondateur de l'Afghanistan moderne.

 

b°) L'Afghanistan souverain.

 

Son successeur, son fils, Habiboullah,  est sensible aux thèses réformistes d'Al-Afghani qui stigmatise l'impérialisme britannique et l'obscurantisme des religieux conservateurs. Moderniste, il ouvrira une école et un hôpital à Kaboul et restera neutre lors du premier conflit mondial.

Assassiné lors d'une partie de chasse en 1919, il est remplacé par son beau-fils, Amanoullah, qui poursuivra et renforcera l'oeuvre modernisatrice de son père. Rêvant de réunir tous les pachtouns sur un seul territoire (le rêve d'un pachtounistan, remettant en cause la ligne Durand, sera récurrent dans la vie politique afghane), il attaque les britanniques en mai 1919, et, très rapidement, en août, les anglais, las de cette agitation guerrière, signe un traité à Rawalpindi, qui redonnera sa souveraineté à l'Afghanistan. Ce traité illustre bien le relatif désintérêt des anglais pour ce pays, qui sans accès à la mer, n'a qu'un intérêt très limité pour eux !

Toutefois, la ligne Durand reste la rège, et le Pachtounistan reste toujours à cheval entre les deux pays.

 

c°) Amanoullah, le roi réformateur !

 

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Admirateur de Mustapha Kemal, le roi va entreprendre de moderniser son pays:

- promulgation d'un nouveau code de la famille, en 1921.

- réforme de la loi sur le mariage avec l'interdiction de marier des filles de moins de 18 ans.

- le droit à l'éducation est reconnu pour les filles, et la première école pour elle est créée en 1921.

- il fait aussi appel à un français, Alfred Foucher, pour planifier l'élaboration de l'enseignement secondaire, qui se traduira par la création d'un établissement scolaire franco-afghan, le lycée Amaniya, en 1922. Il confiera aussi à un français, Auguste Girard, la direction du premier lycée agricole du pays, en 1926.

- un plan de formation pour des étudiants afghans est mis en place, et 34 d'entre eux seront envoyés en France, au lycée Michelet, à Vanves, en 1921.

- une loi constitutionnelle est promulguée, modernisant le fonctionnement de l'Etat et protégeant les minorités religieuses.

- réforme du code pénal, en 1924, avec l'intention de séculariser l'institution judiciaire.

- tentative de séculariser l'état afghan et d'affaiblir les théologiens conservateurs, formés dans les écoles déobandi, en Inde.

 

d°) Nader Shah, entre tradition et modernité.

 

Les réformes d'Amanoullah frappaient de plein fouet la religiosité des afghans, et se traduisit par des révoltes, dans la région de Khost, alimentées par les mollahs. La répression sera féroce, et, avec l'aide de pilotes soviétiques et allemands et de leur bombardier, elle fera 2 000 morts.chez les rebelles.

En août 1928, les réformes continuants, la révolte gronde à Kaboul, et, le 2 octobre, éclate. Le pays va se soulever, ce qui va conduire Amanoullah a abdiqué, en janvier 1929, en faveur de son frère aîné. Mais trois jours plus tard,  un dénommé Habiboullah Kalakani investit Kaboul et s'autoproclame "émir d'Afghanistan". Le nouveau venu, un tadjik analphabète, qui ne contrôlera que la capitale, annulera les réformes progressistes et initiera une politique de terreur pendant 9 mois, avant d'être chassé puis exécuté, en octobre 1929, par des forces pachtouns commandées par Nader Khan.

En 1931, une nouvelle constitution est promulguée ( elle restera en vigueur jusqu'en 1964). La charia devient la loi du royaume, et Nader Khan devient Nader Shah.

 

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La politique du nouveau roi était de concilier les traditions afghanes, qu'Amanoullah avait violemment secoué, avec une certaine modernité, pour apaiser le pays profond et les mollahs. Mais il n'eut pas le temps de voir les fruits de son action puisqu'il fut assassiné en 1933.

 

e°) Zaer Shah ou l'impossible modernisation.

 

- Le rêve du Pachtounistan.

 

Zaer Shah, le fils de Nader, monte alors sur le trône. Son règne va durer 40 ans, de 1933 à 1973.

 

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Francophile, le roi Zaher rêve, comme ses prédécesseurs, de reconstituer le Pachtounistan, région à cheval entre l'Afghanistan et l'Inde. Lors de la création du Pakistan, en 1947, l'Afghanistan sera le seul pays à voter contre l'entrée du Pakistan aux Nations Unies, prétextant que le droit des pachtouns n'étaient pas respectés. L'URSS va soutenir les revendications afghanes, le Pakistan était considéré comme pro-américain et de nombreuses frictions vont égayer les relations entre les pays jusqu'en 1951.

 

- Daoud Khan, le Prince rouge, Premier Ministre.

 

En 1953, le cousin du roi,  Mohammed Daoud Khan, est nommé premier ministre.

 

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Daoud veut relancer la modernisation du pays, dans la lignée du roi Amanoullah et veut substituer à la charia une loi civile plus adaptée à la société moderne. Il relance, encore une fois, l'idée d'un Pachtounistan et réclame un référendum d'autodétermination pour les pachtouns et balouchtes vivant au Pakistan. Et entre 1961 et 1963, la frontière afghano-pakistanaise sera fermée pendant 18 mois.

Il hésite aussi entre les USA et l'URSS. Dans un premier temps, il demande de l'aide aux américains, mais ceux-ci conditionne celle-ci à une adhésion de l'Afghanistan à l'OTASE, Organisation du Traité de Sécurité de l'Asie du Sud-Est, dont fait partie le Pakistan, depuis 1954. Daoud, ne peut évidemment pas se résoudre à entrer dans une organisation où siège le Pakistan détesté, qui opprime les pachtouns et les Balouchtes !

Aussi, il se retourne vers le "grand voisin du Nord", et à l'issue de la visite de Khrouchtchev à Kaboul, le 18 décembre 1955, un traité de coopération économique est signé, début d'une lente mais progressive satellisation de l'Afghanistan autour de l'URSS.

Les soviétiques vendent des armes aux afghans, et construisent 3 aéroports. Daoud copie le modèle soviétique et met en branle un plan quinquennal. Il est alors nommé le "Prince rouge" pour son amitié avec les communistes russes, a réussi à marginaliser le roi et est accusé, par ses opposants, d'avoir livré le pays aux soviétiques.

 

- Mohammed Youssof et l'échec de la nouvelle Constitution.

 

Devant le mécontentement général, Daoud donne sa démission et est remplacé, le 10 mars 1963, par le Dr Mohammed Youssof. Une nouvelle constitution, écrite par des juristes français, et s'inspirant clairement de la Veme République est proclamée. Mais on ne plaque pas, artificiellement, un régime politique moderne sur une société traditionnelle, pluriethnique, et profondément religieuse. Les élections de 1965 ne mobiliseront que 10 % du corps électoral afghan, signe évident de la désaffection de la population envers un régime artificiel, qui ne correspondait pas aux aspirations des uns et des autres. Le score fut identique 4 ans plus tard, preuve que le système politique n'avait pas gagné le coeur des afghans, et n'avait aucune légitimité !

 

3°) L'échec du régime démocratique et la fin du régime de Zaer Shah !

 

a°) Ethnicité et modernité, l'équation impossible ?

 

L'Afghanistan est un pays pluri-ethnique, une véritable mosaïque humaine,  peu adapté à l'émergence d'une identité commune.

Entre les pachtouns, qui constituent 40 % de la population, les tadjiks (30 %), les Ouzbeks et les Hazaras (environ 7 % chacun), les Aymaks, les Turkmènes, ou les Balouchtes, la discorde est souvent la règle, et le réflexe ethnique surpasse souvent l'intérêt général du pays. Mais même au sein d'une même ethnie, il y a encore des divisions très strictes, comme chez les Pachtouns, dominée par deux grandes confédérations, les ghilzaïs et les douranis, elles-mêmes fragmentées en multitudes de tribus, clans, groupes, qui s'opposent en permanence. Un biographe de Dost Mohammed, figure éminente de l'Afghanistan du 19e siècle observera qu':

 

 

il n' y a pas d'unité [chez les Pachtouns]. Rien n'est permanent. Chaque chose dépend du bon plaisir ou du caprice d'un certain nombre de despotes toujours en désaccord avec les autres et dont les tribus épousent les querelles personnelles."


De même, les populations sont très religieuses, et l'islam sunnite, prédominant, se heurte au chiisme des Hazaras, considérés comme des sous-citoyens, et à d'autres religions plus minoritaires, comme les ismaéliens, les hindouistes et même des animistes du Nouristan, dans les profondes et inaccessibles vallées de l'Hindou Kouch !

Enfin, le pays connaît deux langues officielles, le pachtou, parlée par 40 % de la population, et le dari, langue persane, parlée par les tadjiks.


Aussi, peut-on légitimement se poser des questions sur l'afghanité, notion qui ne recouvre nullement les multiples identités du pays, tiraillées entre les différentes ethnies, qui sont reliées à des espaces civilisationnels parfois forts différents, entre la Perse, le Pakistan et la Turquie.

 

On ne peut comprendre la politique afghane sans tenir compte de la variable "ethnique".

 

 

b°) Le désintérêt américain.

 

Si le pays de L'homme qui voulut être roi, de Rudyard Kipling, pouvait enflammer les imaginations, le régime "démocratique", corrompu et aboulique se meurt, dans l'indifférence internationale.

Si l'aide internationale fut de 244,5 millions de $ entre 1958 et 1962 et de 495,3 millions entre 1962 et 1967, elle s'effondra entre 1967 et 1972, passant à 295,3 millions de $ ! L'aide des USA , par rapport à la période 1962-1967, avait été divisée par 3, entre 1967 et 1972, passant à 53,1 millions de $. En juillet 1972, de passage à Kaboul, le secrétaire d'Etat au Trésor, John Connaly, passager de la limousine présidentielle à Dallas, en 1963, avait signifié au gouvernement afghan que l'aide américaine n'augmenterait pas.

 

Le désintérêt américain pour ce pays est du à l'éloignement de l'Afghanistan des zones pétrolières du Moyen-Orient et du Viet-Nam, où se joue un épisode décisif de la guerre froide. De même, pays sous-développé et enclavé, sans ressources naturelles, l'Afghanistan, pays sans infrastructures, n'intéresse guère les multinationales américaines, et est voué, par sa proximité géographique, à rester dans l'orbite soviétique. Les américains prennent donc acte de cette subordination inévitable de Kaboul sur Moscou.

 

c°) Dans l'orbite soviétique.

 

L'affaiblissement de l'aide internationale et américaine augmentait la dépendance de l'Afghanistan à l'URSS, principal bailleur de fonds du régime, qui avait, elle aussi, revue son aide à la baisse, de 258,3  à 126,3 millions de $.

Mais plus que l'aide financière, l'URSS se fit de nouveaux alliés dans l'Afghanistan du roi Zaher. En effet, le régime avait réussi à développer la scolarisation des afghans passant de 98 743 élèves dans le primaire, en 1951, à 760 469, en 1972.

A Kaboul, l'université s'était développé, et quelques milliers d'étudiants faisaient des études dans la capitale, dans les années 60. C'est dans ce vivier estudiantin qu'allait se former deux mouvances, l'une communiste, l'autre islamiste.

L'idéologie marxiste était fort attirante, dans les années 50, pour des intellectuels vivant dans des pays en voie de développement. Elle permettait de moderniser le pays tout en gardant la haute main sur l'économie, en évitant que les ressources soient pillées par des multinationales rapaces. Le modèle soviétique  était donc très en vogue, à l'époque, et signifiait, pour beaucoup de pays en voie de développement, l'espoir d' une entrée dans la modernité.

L'Afghanistan n'échappa pas à cette mode, et le mouvement communiste afghan se structura dans les 60 entre deux mouvances.

 

d°) Les deux tendances du communisme afghan.

 

Après la démission de Daoud, en 1963, le mouvement communiste afghan va se structurer autour de deux personnalités:

- Nour Mohammed Taraki.

 

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- Babrak Karmal.

 

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Aux élections législatives de 1965, qui sont caractérisées par un abstentionnisme record, de près de 90 %, les communistes ont 4 élus, dont Babrak Karmal et sa compagne Anahita Ratebzad.

L'année suivante, en 1966, une scission divise le mouvement communiste entre ses deux figures tutélaires. Les uns se réunissent autour de Karmal, dans le Parchtam, qui se proposait d'investir, progressivement, l'appareil d'Etat, pour établir un régime communistes, les autres, se mettent sous l'autorité de Taraki, dans le Khalq, qui était plutôt partisan d'une prise de pouvoir plus violente, par le biais d'un soulèvement poulaire.

Au-delà des divergences de stratégie, il y avait aussi une césure ethnique, Taraki étant pachtoun, Karmal, persanophone !

Une troisième tendance, ultra-minoritaire, maoïste, dirigée par Taher Badashki, disparaîtra en 1978.

 

Evidemment, les soviétiques vont soutenir les deux mouvances communistes afghanes et on estime que lors du coup d'Etat de 1973, il y avait un millier de conseillers militaires, à l'ambassade soviétique de Kaboul !

 

e°) La chute de Zaher Chah et le coup d'Etat de Mohammed Daoud Khan.

 

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1973, alors que le roi Zaher séjourne à Ischia, en Italie, un coup d'Etat piloté par des officiers communistes et républicains offre le pouvoir à Mohammed Daoud Khan, cousin du roi, et déjà premier ministre, surnommé le Prince rouge.

 

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Le putsh met fin à 40 ans de règne de Zaher, plutôt paisible, et ouvre de nouveaux horizons qui s'avèreront uniquement belliqueux ...opposant communistes et islamistes !

 

 

Conclusion:

 

Pendant près de 140 ans, l'Afghanistan est restée à la périphérie de la marche du monde, pays montagneux et sans ressources qui fut une zone tampon entre l'Empire russe et l'Empire britannique. Les anglais investirent le pays pour y contrer l'impérialisme russe et pour protéger les marches de l'Inde, au nord-ouest, mais ne s'établirent jamais durablement dans le pays, préférant soudoyer les émirs ou faire des traités garantissant la frontière indo-afghane sous contrôle militaire, comme celui de Gandamak en 1883. En 1919, ils ne jugèrent même pas pertinent de reconquérir le pays, après la déclaration de guerre du roi Amanoullah, et signèrent le traité de Rawalpindi, qui offrait l'indépendance à l'Afghanistan, preuve du peu d'intérêt stratégique des britanniques envers ce pays, région enclavée sans accès à la mer et couverte de sommets inaccessibles !

Alors que les tentatives de rois progressistes, comme Amanoullah, échouèrent, l'Afghanistan trouva une certaine stabilité, sous le roi Zaher Shah, de 1933 à 1973, qui privilégia une politique modérée, respectant les traditions afghanes, pour ne pas heurter le pays profond.

Mais  la corruption endémique de l'administration, l'immobilisme politique et le peu de croissance de l'économie afghane, peu aidée par la communauté internationale et délaissée par les américains, se traduisit par une satellisation du pays autour de l'URSS, dès les années 60, devenu le principal bailleur de fonds du régime et le premier partenaire économique du pays.

Le coup d'Etat de 1973, téléguidé par les communistes, était donc le point final de cette subordination de Kaboul à Moscou, et va ouvrir une période de près de 40 ans de guerre !

 

 

 

 

 



 


 


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