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Lundi 25 février 2013 1 25 /02 /Fév /2013 18:53

I. Les causes de la guerre.

 

1°) Le choc des impérialismes.

 

Au 19eme siècle, les deux plus grandes puissances mondiales, la Grande-Bretagne et la France qui disposent des plus grands empires coloniaux vont se heurter à une puissance continentale montante, l'Allemagne, unifiée depuis 1870. Cette dernière qui a battu la France en 1870-1871, se méfie de l'esprit revanchard des français et, presque sans colonie, se trouve à l'étroit dans son corset continental.

Des crises internationales, entre la France et l'Allemagne vont émailler le début du 20eme siècle, à Tanger, en 1905 et à Agadir, en 1911, annonçant des lendemains funestes.


 

2°) Le système d'alliance: Triple Entente contre Triplice.

 

Les états européens ont fait des alliances diplomatiques militaires pour se protéger de leurs voisins.

L'Allemagne de Bismarck signe un traité avec l'Autriche-Hongrie, en 1879, la Duplice, puis, obtiendra les faveurs de la jeune Italie, en 1882, ce qui se traduira par la Triplice.

La France, elle, signera un traité d'alliance avec la Russie en 1893, et avec la Grande-Bretagne, en 1904, fondant la Triple Entente.

 


800px-Map Europe alliances 1914-fr.svg

(Source: wikipedia)

 

 

Le mécanisme des alliances, comme un effet "domino", va provoquer l'embrasement généralisé, cet été 1914.

 

3°) L'étincelle de Sarajevo.

 

Le 28 juin 1914, Gravrilo Princip, jeune nationaliste serbe qui combat pour l'indépendance de la Bosnie, alors austro-hongroise,

 

Gavrilloprincip2

 

 

 

assassine, à Sarajevo, l'héritier au trône impérial, François-Ferdinand d'Autriche.

 

L'Autriche-Hongrie va exploiter cet assassinat pour régler ses comptes avec la Serbie qui reste soutenu par la Russie.

 

4°) Jaurès assassiné.

 

Alors que la tension monte dans les Balkans, Jean Jaurès, leader de la SFIO socialiste, partisan de la paix, est assassiné, le 31 juillet 1914 à Paris, par Raoul Villain,

 

raoul-villain-jaures-war-murder.jpg

 


macabre écho de l'assassinat de Sarajevo !

 

II. La Première guerre mondiale, 1914-1918.

 

Le 28 juillet 1914, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie. Le 1er août, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, le 3, à la France et à la Belgique. Le 4, le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne.

 

1°) Du Plan Schlieffen à la bataille de la Marne.

 

L'armée allemande va suivre le Plan Schlieffen dont l'objectif est de passer par la Belgique pour encercler les forces françaises. Le plan allemand est proche de réussir quand le général Joffre contre-attaque, le 6 septembre, sur la Marne et fait reculer les armées teutonnes.

 

 

 

Sur le front de l'Est, fin août,  les armées allemandes battent l'armée russe à Tannenberg. Mais l'immensité de la Russie protège cette dernière d'une invasion.

 

2°) De la course à la mer à la guerre des tranchées

 

Les armées françaises et allemandes vont alors essayer de se déborder par le Nord, un mouvement qui s'arrêtera sur les littoraux. Les deux armées vont alors s'enterrer, face à face, immobilisant la guerre dans les tranchées qui sera désormais le quotidien des poilus.

 

3°) L'élargissement du conflit.

 

Les armées ennemies se neutralisant sur la frontière franco-allemande, les belligérants vont essayer de faire la différence en élargissant le conflit et en intervenant sur des fronts périphériques.  En mai 1915, l'Italie entre en guerre au côté de la Triple Entente.

En février 1915, les franco-anglais veulent frapper le maillon faible de la Triplice, l'Empire ottoman. La flotte alliée débarquent un corps expéditionnaire dans la presqu'île de Gallipoli, pour contrôler de détroit du Bosphore et assiéger Istanbul. L'opération sera un échec et les troupes franco-anglaises seront réembarquées en 1916, pour se déployer en Macédoine, créant un nouveau front en Orient.

 

4°) La mobilisation des économies: la guerre totale.

 

Le conflit durant, les économies nationales des pays belligérants vont se mobiliser pour alimenter les armées. Les femmes vont être massivement utilisées dans les usines pour remplacer les hommes partis au front.

 

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Les états financent la guerre en faisant des emprunts d'argent auprès des citoyens

 

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et en s'endettant auprès des américains.

La guerre devient totale, car mobilisant toutes les ressources industrielles, humaines et économiques des pays.

Pour la première fois de l'histoire, la guerre aura lieu aussi dans les airs, avec l'apparition des avions et sous les mers, avec, à partir de 1917, l'action des U-Boot allemands.

 

5°) Verdun, la Somme, des carnages inutiles.

 

Franco-anglais et allemands n'arrivent pas à percer les lignes ennemies, défendues par un réseau intense de fils de fer barbelés et de tranchées, avec des canons qui saturent les terrains découverts d'obus. Les batailles de Verdun et de la Somme,

 

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seront des carnages sans précédent, emportant des centaines de milliers de vie, sans résultat probant.

 

 

 

Ces boucheries entraîneront des mutineries dans la troupe, en 1917, réprimées par le général Pétain.

 

6°) L'entrée en guerre des USA.

 

Début de l'année 1917, les USA déclarent la guerre aux empires centraux. L'opinion américaine, depuis le torpillage du Lusitania, en mai 1915, étant devenue hostile à l'Allemagne.

Les américains vont faire pencher la balance du côté de l'Entente, avec leurs 2 millions de soldats, en 1918.

 

7°) L'armistice du 11 novembre 1918.

 

Malgré la paix de Brest-Litovsk, début 1918 qui mit fin à la guerre à l'Est et permit aux allemands de concentrer toutes leurs forces à l'Ouest, les Empires centraux sont exsangues. Le blocus allié et l'entrée en guerre des américains se fait désormais sentir, en cette année 1918. Les militaires allemands savant la partie perdue poussent le gouvernement allemand à demander l'armistice. Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé, les combats s'arrêtent, la première guerre mondiale se termine.

 

III. Les conséquences de la guerre.

 

1°) Une Europe en ruine.

 

La guerre a fait 8 millions de morts, dont 1,4 millions pour la France, générant un déclin démographique, en Europe.

Les pertes matérielles ont été immenses et de nombreuses villes ont été détruites.

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne sortent de la guerre lourdement endettés, dette qui génèrera des tensions dans l'entre-deux-guerres.

 

2°) La fin des Empires et le retour des nations.

 

L'après-guerre verra la dislocation de l'empire austro-hongrois, de l'empire allemand, de l'empire ottoman et de l'empire russe.

Selon le principe des nationalités initié par les 14 points du président Wilson, de nouveaux pays sont créés, comme la Pologne, la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, la Hongrie.

De plus, la guerre a accouché de la révolution russe et du bolchevisme, en Russie, du fascisme, en Italie. Le paysage politique est donc profondément transformé.

 


 

3°) Le Traité de Versailles: l'Allemagne coupable.

 

En juin 1919, le Traité de Versailles est signé, créant la Société des Nations et condamnant l'Allemagne a payé de lourdes dettes de guerre. Cette dernière perd aussi des territoires et son armée sera désormais limitée à 100 000 hommes.

Cette condamnation sera ressentie comme une humiliation, par beaucoup d'allemands et attisera un esprit revanchard qui se cristallisera dans le nazisme. Adolf Hitler fera de l'annulation des clauses du Diktat de Versailles son programme.

 

4°) Pacifisme et "der des ders".

 

L'horreur des combats a marqué les sociétés et sera narré par certains ouvrages comme Le Feu, d'Henri Barbusse, en 1916. En Allemagne, A l'ouest rien de nouveau, d'Erich Maria Remarque (1928) montrera la violence inouïe de la guerre.

Pour les poilus, cette guerre devra être la "der des ders", alimentant un pacifisme d'après-guerre qui pourra expliquer la posture passive devant les coups de force de Hitler.

 

Conclusion

 

La première guerre mondiale a profondément bouleversé les sociétés européennes, puisqu'elle acta la fin de 4 empires. L'Europe d'après-guerre sera marqué par les passions nationales et l'esprit revanchard de nombreux allemands, désignés comme les seuls coupables de la catastrophe guerrière. Si les franco-anglais ont gagné la guerre, ils ont perdu la paix !

 

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Par Tietie007 - Publié dans : BREVET HISTOIRE-GEOGRAPHIE - Communauté : Passion Histoire
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Mercredi 30 janvier 2013 3 30 /01 /Jan /2013 18:38

 

indochine-war.jpg

 

Bibliographie

 

La guerre du Viet-Nam de John Prados, Perrin, 2011.

 

 

 

 

 

 

I. La guerre d'Indochine (1946-1954).

 

1°) L'Indochine Française.

 


A°) La présence française en Indochine.

 

La France est présente en Indochine depuis la fin du 19eme siècle. Sous l'impulsion de Jules Ferry, surnommé "le tonkinois", père de l'école obligatoire et gratuite française et grand promoteur de la colonisation, la République créa l'Indochine Française, en 1884, réunissant l'Annam, la Cochinchine, le Laos, le Cambodge et le Tonkin.

 

indochine-france.JPG

 

L'Indochine ne fut pas une colonie de peuplement, comme l'Algérie, il n'y avait que 30 000 français qui habitait ce pays, en 1940, sur 22 millions d'habitants.

Cette colonie d'exploitation se concentrera sur la culture de l'hévéa, pour produire le caoutchouc.

 

B°) Le rôle de la seconde guerre mondiale.

 

Durant la seconde guerre mondiale, l'Indochine, malgré la défaite française,  sous la férule de l'amiral Decoux, réussit à garder une certaine intégrité du territoire malgré la pression des nippons. Toutefois, il dut faire des concessions aux japonais et ne put stopper l'invasion nippone, le 9 mars 1945, qui se traduisit par la proclamation de l'indépendance du Viêt Nam, le 10 mars. Comme dans les colonies africaines, la défaite du colonisateur français ne fit qu'accélerer le désir d'indépendance des populations colonisées.

Lors de la capitulation japonaise, le 2 septembre 1945, le leader du Parti Communiste Indochinois, Ho Chi Minh,

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/17/Ho_Chi_Minh_1946_cropped.jpg

 

à Hanoï, lut la déclaration d'indépendance.

 

2°) La guerre d'Indochine.

 

A°) Un conflit inévitable.

 

Le communiste Ho Chi Minh s'appuie sur la Charte de l'Atlantique, énoncée par le président Roosevelt, en 1941, pour légitimer l'indépendance du Viêt Nam, alors que la France, elle, veut encadrer cette indépendance. Le 6 mars 1946, l'envoyé du Gouvernement français, Jean Sainteny, signe un accord avec Ho Chi Minh, reconnaissant l'existence d'un Etat libre du Viêt Nam au sein de l'Empire français. Mais, dans le camp français, certains militaire ne veulent pas de ces accords. Le 23 novembre 1946, des échauffourées entre français et vietnamiens entraînent le bombardement du port de Haiphong par la marine française. Le 19 décembre, Ho, chef du Viet Minh (coalition de mouvements vietnamiens pour l'indépendance) lance une offensive pour libérer Hanoï qui marque le début de la guerre d'Indochine.

 

B°) Une guerre impopulaire.

 

Dans un contexte de guerre froide naissante, le parti communiste français qui pèse 25 % des voix en France, soutient le Viet Minh, dirigé par les communistes. Il s'oppose à cette guerre impérialiste et fait bloquer, dans les ports, par les dockers, des transports de troupes en partance pour l'Indochine, comme le Pasteur, bloqué 48 heures à Marseille.

La République a besoin de volontaires pour aller combattre. Le 27 mai 1948, le ministre de la Justice, André Marie, s'adresse aux directeurs de l'administration pénitentaire pour leur demander de sélectionner des détenus pour aller se battre en Indochine. 4 000 volontaires se font inscrire, pour racheter leur peine, souvent pour faits de collaboration. Ils formeront le 1er BILOM, surnommé le " bataillon des damnés" par Raymond Muelle.


bilom-indochine-muelle.jpg

 

L'armée française est surtout constituée de troupes coloniales, de la Légion Etrangère et des unités de parachutistes.

 


C°) Une guerre ingagnable.

 

Si la France contrôle les grandes villes, l'armée ne maîtrise pas le pays profond, couvert par une jungle impénétrable. En 1949, la victoire des communistes en Chine, sous la férule de Mao, va constituer un tournant, puisque les chinois vont désormais aider les troupes du Viet Minh, contre les français, et leur offrir un sanctuaire, de l'autre côté de la frontière.

L'armée française connaîtra d'ailleurs sa première défaite, en 1949, face aux troupes vietnamiennes, à Cao Bang.

 

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Le général de Lattre de Tassigny est alors envoyé en Indochine pour redresser la situation militaire, ce qu'il arrive à faire, avant de s'éteindre en 1952.

 

D°) D'une guerre coloniale à une guerre contre le communisme.

 

Avec le déclenchement de la guerre de Corée, en 1950, qui focalise la guerre froide en Asie, la France va s'inscrire dans une lutte contre les communistes, en donnant l'indépendance au Laos, au Cambodge et au Viêt Nam. L'armée française profite de l'aide américaine pour combattre le Viet Minh. En 1953, le nouveau président des USA, Einsenwoher, annonce sa "théorie des dominos", et renforce son aide aux français.

 

E°) La défaite de Dien Bien Phu et la fin de la guerre.

 

La France s'épuise dans cette guerre lontaine et en mai 1954, l'armée française connaît une défaite historique dans la cuvette de Dien Bien Phu. Cette déroute accélère le désengagement des français et Pierre Mendès-France clôt le chapître français en Indochine avec les accords de Genève, signé en juillet 1954, qui mettent fin à la présence française en Asie. Le Viêt Nam est divisé en deux entités dont la frontière était le 17eme parallèle. Au Nord, les communistes de Ho Chi Minh dominaient, au sud, un gouvernement nationaliste existait.

 

II. La guerre du Viêt Nam (1964-1975).

 

1°) Deux Viêt Nam.

 

Au Nord, une République Démocratique du Viêt Nam, dirigé par les communistes et Ho Chi Minh, au sud du 17eme parallèle, depuis 1955, une République du Viêt Nam dirigée par Ngo Diemh, soutenue par les américains, qui refuse les accords de Genève et l'horizon de la réunification.

 

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Le nord Viêt Nam va alors alimenter une guérilla pour déstabiliser le régime pro-américain de Ngo Diemh, en s'appuyant, dès 1960, sur le Front National de Libération du Sud Viêt Nam (FNL) également appelé Viêt-Cong. Ce dernier était soutenu par l'URSS et la Chine communiste alors que dans la logique de la guerre froide, les USA, selon la "théorie des dominos", appuyèrent le Viêt Nam du sud.

En janvier 1961, devant l'activisme du FNL contre le sud, le président Kennedy porta à 15 000 soldats US, la présence américaine au Viêt Nam du sud.

 

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Devant l'impopularité du régime de Ngo Diemh, les américains autorisèrent un coup d'état contre ce dernier, le 1er novembre 1963, qui ne faisait que renforcer les velléités belliqueuses du nord.

 

2°) Le début de la guerre du Viêt-Nam.

 

a°) Le président Kennedy pour le retrait des troupes du Viêt-Nam ?

 

L'historien John Prados (La guerre du Viêt Nam, Perrin, 2009, page 133-134) affirme que la volonté de Kennedy de se désengager du sud Viêt-Nam fut surtout entretenue, après sa mort, par quelques uns de ses conseillers, comme Robert McNamara et repose sur une de ses décisions, éditée dans la NSAM 263, de début octobre 1963, qui actait le retrait de 1000 conseillers militaires pour la fin 1963. Or, il ne faut pas oublier que c'est sous la présidence Kennedy que la présence américaine au sud Viêt Nam est passée de 1200 à 15 400 soldats, de 1962 à 1963 ! De même, dans deux émissions télévisées, l'une sur CBS, l'autre sur NBC, en septembre 1963, le président avait réaffirmé qu'un retrait des forces américaines serait une erreur. Tous les plans de retrait étaient assujettis à la défaite du Front National de Libération du sud Viêt Nam, condition qui n'était nullement réunie à l'époque. Pour John Prados, ce mémorandum NSAM 263, envisageant le retrait de 1000 conseillers américain, était un moyen de faire pression sur le président Diem, pour qu'il réforme ou quitte le pouvoir, condition sine qua non à une aide américaine.

De plus, à la même époque, le président autorisa une escalade militaire au Laos, pour soutenir les forces nationalistes pro-américaines contre le Pathet Lao, mouvement communiste soutenu par le nord Viêt Nam, qui avait repris les hostilités en 1963. Or, la problématique laotienne était intimement liée à la situation vietnamienne.

Par contre, Kennedy était pour une "vietnamisation" progressive du conflit, position qui sera adoptée par Johnson et Nixon.

 


b°) Le sud Viêt Nam, un régime à la dérive.

 

Le coup d'état du 1er novembre 1963 fut suivi par  d'autres, en cette année 1964, dont celui du général Kanh qui renversa le régime de Minh ! Cette déliquescence du régime sud Viêtnamien inquiétait les américains, alors que les forces Viêt Cong accentuaient leurs pressions.

 

c°) La guerre civile au Laos, prolégomène à la guerre du Viêt Nam.

 

Au Laos, la guerre civile gagna en intensité, à partir de 1963, et les forces nationalistes pro-américaines étaient mises en difficulté par les communistes du Pathet Lao soutenus par le nord Viêt Nam. Il y eut une escalade militaire au Laos, actée par le président Kennedy dans le NSAM 259. En mai 1964, des bombardiers américains bombardèrent la piste Ho Chi Minh, au Laos, voie qui ravitaillait la guérilla du FNL au sud Viêt Nam. L'intervention militaire des américains au Laos ne pouvait être qu'un prodrome à l'intrevention militaire au Viêt Nam, puisque la problématique était la même, un régime pro-américain, dans les deux pays, qui s'effondraient devant la guérilla communiste.

 


d°) L'indicent du Golfe du Tonkin.

 

Entre le 2 et 4 août 1964, dans le golfe du Tonkin, des tirs sont échangés entre des torpilleurs nord-vietnamiens et deux destroyers américains, les USS Maddox et Turner Joy. Après ces incidents, le Congrès des USA approuva, le 7 août, la "résolution du golfe du Tonkin" qui permettait au président Johnson,

 

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"de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire échec au communisme" ce qui signifiait une intervention militaire américaine.

 

3°) La guerre du Viêt Nam.

 

a°) Opération Rolling Thunder.

 

Les américains choisissent d'utiliser les bombardements stratégiques, avec l'opération Rolling Thunder,  pour faire plier le nord Viêt Nam. Ces bombardements massifs qui dureront de 1965 à 1968 seront un échec, puisqu'ils ne pourront amener le pouvoir communiste de Hanoï à négocier.

Par contre, de 1965 à 1973, les bombardiers américains bombardèrent massivement les bases arrières du Viêt Cong au Cambodge, dans le plus grand secret.

 

b°) L'offensive du Têt: défaite militaire mais victoire politique.


 

De 190 000 soldats, début 1965, les effectifs militaires américains vont augmenter à 525 000, début 1968.

Le 30 janvier 1968, les forces combinées du FNL et de l'armée nord-vietnamienne passent à l'offensive lors de l'offensive du Têt,  en attaquant les villes du sud Viêt Nam. Mais après 5 semaines de combat, l'attaque communiste sera un échec sanglant. Mais politiquement, cette offensive fut une victoire, puisque médiatiquement parlant, les combats de rues montrés à la TV américaine et les 700 boys morts surant le Têt, accéléra le retournement de l'opinion publique américaine.

 

c°) L'opposition américaine à la guerre du Viêt Nam.

 

Le 21 octobre 1967, une marche vers le Pentagone, contre la guerre du Viêt Nam, va mobiliser 100 000 personnes. Le 15 novembre 1969, de 250 à 500 000 personnes participeront à la marche anti-guerre vers Washington.

Beaucoup de jeunes américains refusent de partir se battre au Viêt Nam, le plus célèbre des objecteurs de conscience fut le boxeur Mohamed Ali.

 

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Le mouvment hippie anti-guerre, s'appropriera le slogan "Faites l'amour, pas la guerre".


d°) Nixon ou le désengagement progressif.

 

Richard Nixon, élu fin 1968, avait fait du désengagement progressif du Viêt Nam une promesse de campagne.

 

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Sous l'influence de son conseiller, Henry Kissinger, il commença des pourparlers de paix avec le nord Viêt Nam, à Paris, à partir de 1969.

La nouvelle stratégie des américains fut la "vietnamisation" du conflit, c'est à dire remplacer, progressivement, les boys par des sud-vietnamiens, capables de se défendre eux-mêmes.

Mais cette stratégie ne fonctionna pas, le régime du sud Viêt Nam étant trop corrompu pour avoir un quelconque crédit par rapport à sa population.

 

e°) Les accords de paix de Paris (1973).

 

Américain et vietnamien signent, le 27 janvier 1973, les accords de Paris, les américains s'engageant à retirer leurs troupes et les vietnamiens s'engagaient à libérer tous les prisonniers. L'agonie du sud Viêt Nam dura encore près de 2 ans, jusqu'à la chute de Saïgon, le 30 avril 1975, clôturant 11 ans de guerre.

 

4°) La guerre du Viêt Nam dans la culture américaine.

 

Si Les Bérets Verts, de John Wayne, en 1968, était une ode à l'action militaire au Viêt Nam, rapidement, le cinéma américain va aborder la violence de cette guerre, dans Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, en 1979, 

 

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souligner les conséquences psychologique et sociale du conflit, avec Voyage au bout de l'enfer, de Michael Cimino, en 1978, 

 

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et Rambo, de Ted Kotcheff, en 1982.

 

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Par rapport à la censure touchant la guerre d'Algérie, en France, Hollywood, peu après la fin de la guerre, a pu évoquer ce conflit dans tous ses aspects.

Par Tietie007 - Publié dans : LES CONFLITS CONTEMPORAINS - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 18 décembre 2012 2 18 /12 /Déc /2012 17:40

La culture humaine fut d'abord religieuse, sur tous les continents et à toutes les époques du passé. Il faudra attendre le "miracle grec", expression forgée par Ernest Renan, au Veme siècle avant J.C, pour voir la naissance de la philosophie, qui se donnait pour objectif d'expliquer le monde, non pas par des mythes religieux, mais par la puissance de la raison, donnant naissance au courant matérialiste, avec Démocrite, qui contenait, en son sein, la future sécularisation du monde. Mais le monde grec était encore profondément baigné de pensée religieuse puisque Socrate, accusé d'impiété, dut boire la cigüe. L'Empire romain s'inspira largement de l'héritage culturel grec, recyclant le panthéon des dieux de l'Olympe et  marqua profondément les territoires conquis , donnant, chez nous, une culture gallo-romaine  métissage entre l'héritage gréco-romain et la culture barbare. Se voulant universel, Rome par l'édit de Caracalla, en 212 après J.C, fit citoyen romain tout homme libre habitant l'Empire, consacrant le "melting-pot" impérial. 

 Par l'édit de Milan, en 313 après J.C, l'empereur Constantin permit aux chrétiens d'exercer leur culte et se convertit au christianisme, annonçant la primauté de la culture chrétienne sur l'Occident, malgré la chute de Rome, en 476 après J.C. L'Eglise, alors seule administration qui maillait le territoire ouest-européen, dans l'anarchie ambiante, imposa la religion chrétienne à des rois barbares intéressés par l'aide de ce puissant allié, qui gouvernait les esprits et les hommes, dans ces vastes territoires. Mais le message chrétien contenait, en lui, la future sécularisation du monde, car il fallait rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui revient à Dieu,  expression prononcée par Jésus devant les pharisiens et l'évêque d'Hippone, Saint-Augustin, créateur du libre-arbitre, avait déjà distingué la cité des hommes de la cité de DieuMais cette sécularisation du monde allait prendre 2000 ans !!

 

I.De la culture sacrée à la culture profane.

 


Le moyen-âge fut empreint d'une grande religiosité, mais la réforme grégorienne, qui s'étala du 11eme au 12eme siècle, allait poser les conditions d'une future sécularisation du monde.

 


A°) La réforme grégorienne ou la distinction de l'espace sacré de l'espace profane.

 

La réforme grégorienne, qui dura deux siècles, même si elle a été rattachée au pape Grégoire VII, s'attacha à renforcer l'administration ecclésiale par rapport au pouvoir civil, et à délimiter l'espace sacré de l'espace profane, dans tous les aspects de la société, qu'ils soient immobilier ou juridique. En séparant les deux espaces, sacré et civil, cette réforme permettait l'émergence d'une société civile, qui se dégagera, progressivement, de sa gangue religieuse.

 

B°) La redécouverte des auteurs antiques.

 

C'est à Tolède que les commentaires des savants musulmans sur les auteurs antiques attirent des clercs de tout l'Occident. Un Daniel de Morley ou un Gérard de Crémone apprennent même l'arabe pour suivre l'enseignement des maîtres du quadrivium,  et traduisent les textes en latin. Ces "intellectuels", comme les nomme Jacques Le Goff,  seront à l'origine de la Renaissance du XIIeme siècle.

 

C°) L'Humanisme ou le nouveau Prométhée.

 

Le mouvement humaniste du 14eme siècle fut le résultat de la réforme grégorienne et de cet héritage antique, transmis par les savants d'Al-Andalus et repris par ces clercs européens. Ce nouvel esprit qui soufflait sur l'Occident chrétien, qui faisait de "l'homme, selon la formule de Protagoras, la mesure de toute chose", renversant le paradigme de la Chute, et consacrant l'homme comme l'égal de Dieu, se retrouvait dans l'élégant tableau de Jan van Eyck, Les époux Arnolfini (1434), tableau sans aucune référence religieuse, qui décrivait l'intérieur d'un couple de marchand vénitien, à Bruges.

 


Van_Eyck_-_Arnolfini_Portrait.jpg

 

La précision des détails et la magnificence des couleurs vient de l'utilisation de la peinture à l'huile, rare, à cette époque où les peintres peignaient "a tempera", une peinture à base d'eau.

A noter qu'en 1433, dans L'homme au turban rouge

 

Portrait_of_a_Man_by_Jan_van_Eyck-small.jpg

 

Van Eyck fera son autoportrait, un des  premiers de l'histoire de la peinture occidentale, preuve que l'individualisme faisait son chemin et que les mentalités évoluaient.

 

70 ans avant la réforme protestante, alors que les peintres italiens sortaient à peine du style "gothique international", avec ses anges musiciens et ses "madonne", le flamand van Eyck peignait un double mouvement qui frappait la Flandres, la sécularisation du monde et la montée en puissance de la bourgeoisie marchande. Emergence déjà certifiée 80 ans plus tôt, dans le royaume de France, alors ravagé par la guerre de cent ans, par le défi d'Etienne Marcel, le prévôt des marchands parisiens, fait au dauphin, le futur Charles V, en faisant massacrer, en sa présence, le 22 février 1358, deux de ses maréchaux.

80 ans plus tard, Quentin Metsys évoquera l'irrésistible ascension des banquiers, dans Le prêteur et sa femme, dans une scénographie encore dépourvue de thématique religieuse.

 


metsys banque bank dsk 

 

En France, Michel de Montaigne, dans ses Essais, n'aura d'autres projets que de se peindre soi-même, de faire son portrait et non de parler de Dieu, ce qui illustrait bien l'émergence de l'individu et préfigurait le futur individualisme.

D°) De la Cène au repas de noce.

Les artistes ne se contentent plus de figer les figures de l'autorité, religieuse ou politique et si Léonard de Vinci représente la Cène (1498), 

 

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Peter Brueghel l'Ancien, 60 ans plus tard, nous peint une scène d'un "Repas de Noce" (1567),  plus prosaïque, une tablée paysanne qui tranche avec la production du siècle et fait de la vie quoditienne du petit peuple, un motif artistique.

 

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Brueghel, qui a aussi excellé dans la peinture biblique, avec sa célèbre tour de Babel, en vient à traiter des sujets moins reluisants, comme ces Mendiants, éclopés et cul de jatte.

 

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Cette culture d'en bas sera aussi chantée par François Villon, première figure du "poète maudit" qui célèbrera les gueux plutôt que les princes, les pendus plutôt que les vendus,  preuve que l'air du temps commençait à changer.

 

E°) La querelle des anciens et des modernes, deux conceptions de la culture.

La culture se dynamisait, avec le moderne Charles Perrault, qui voulait la nourrir de l'air du temps et qui contestait la conception traditionnelle d'un Boileau, à la fin du 17eme siècle, qui résumait la création artistique à la reproduction des modèles antiques. Cette querelle des Anciens et des Modernes traduisait deux conceptions de la culture, l'une ouverte sur son temps, l'autre repliée sur le passé, l'une s'alimentant dans la culture populaire des contes, l'autre, comme chez Racine, se nourrissant de culture classique.


F°) La philosophie des Lumières ou la sécularisation du politique.

 

Les philosophes des Lumières seront tous les enfants de l'humanisme, sécularisant l'espace politique, comme Rousseau, qui, dans son Contrat social,  voyait les organisations humaines comme le fruit de relations contractuelles et non pas comme des entités mandées par une transcendance céleste, opposant la souveraineté populaire à la légitimité de droit divin. Le mot d'ordre des Lumières serait "Ose savoir", comme Kant, Spinoza et les Encyclopédistes le proclamaient, devise qui, nécessairement, remettait en cause la culture admise pour s'ouvrir vers d'autres horizons.

Ces nouvelles idées seront portées par la Révolution Française et sa Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, puis par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, en 1905, séparant, définitivement, les registres politique et religieux.

 

G°) De Michel-Ange à Gustave Courbet ou deux visions de la création du monde.

 

Cette sécularisation de la culture éclate dans les visions de la création du monde, celle de Michel-Ange, sur le plafond de la chapelle Sixtine

 


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à l'Origine du monde de Gustave Courbet, en 1866 !

 

 


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II. La culture au service de la Nation.

 

A°) Nation et culture Nationale.

 

La nouvelle nation devait s'appuyer sur le "génie national" pour se forger une nouvelle identité, empruntant des chemins qui incertains. La conception de Fichte, dans son Discours à la Nation allemande, en 1807, sera essentialiste et fermée, puisque la germanité s'appuiera sur une langue commune, l'allemand, sur une même histoire et une même culture. Plus d'un siècle plus tard, Hitler portera cette conception jusqu'à l'absurde. Si en France, Renan, dans son discours à l'Académie française, en 1882, prendra le contre-pied de l'allemand en liant le projet national à une adhésion, dans la réalité, l'état français va instrumentaliser la culture à des fins idéologiques.

 


B°) Le primat de la langue française sur les langues régionales.

 

Si François 1er, avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, avait fait du français la langue de l'administration et de la justice, et si 10 ans plus tard, en 1549, le poète de la Pléiade, Joachim du Bellay clamait son amour de la langue française dans sa Défense et illustration de la langue française,   il fallut attendre la Révolution Française de 1789, pour que le nouvel Etat-Nation voulut imposer le français comme langue d'usage. Les historiens parlèrent même de Terreur linguistique, après le discours, devant la Convention, du jacobin Bertrand Barère de Vieuzac, le 27 janvier 1794:

" La monarchie avait des raisons de ressembler à la tour de Babel ; dans la démocratie, laisser les citoyens ignorants de la langue nationale, incapables de contrôler le pouvoir, c'est trahir la patrie. Chez un peuple libre la langue doit être une et la même pour tous ».

L'abbé Siéyes rajoutera qu'il fallait anéantir les patois et imposer le français comme la langue universelle. A homme nouveau, langue nouvelle, et le citoyen devra s'exprimer dans la langue nationale. La construction du sentiment national passait par l'écrasement des langues locales, censées retarder l'émergence du prométhée hexagonal.

Ce n'est pas un hasard si Frédéric Mistral et d'autres poètes provençaux, en 1854, créèrent le Félibrige pour défendre la langue provençale.

Il faudra attendre la loi Deixonne, en 1951, pour que les langues régionales retrouvent toute leur place dans l'Education Nationale.

 

C°) L'art et le patrimoine au service du génie national.

 

Napoléon qui avait compris l'importance de la propagande, avait mis en scène la réalité de son pouvoir, en se servant du talent du peintre Jacques-Louis David pour créer sa propre légende. Le "surhomme" est en marche !

 

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(Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, 1800)

 

Le génie français avait besoin de supports et c'est dans le patrimoine médiéval qu'Eugène Viollet-le-Duc le verra. C'est par son action que Notre-Dame-de-Paris et la cité de Carcassonne seront réhabilitées, faisant revivre un passé médiéval délaissé par les populations. Pendant fort longtemps, les chateaux-forts servirent plutôt de carrière que de musée ! La notion de patrimoine national apparaît donc dans le sillage de l'Etat-Nation.

 

 

D°) L'instrumentalisation de l'histoire.

Mais c'est surtout dans la construction d'une geste nationale que l'Etat instrumentalisera la culture historique à fin de forger un sentiment national. Le Tour de France par deux enfants sera la bible de l'histoire française pour des générations d'écoliers, avec "nos ancêtres les gaulois" qui sera même répétée par les petits africains ! On y apprenait les grandes figures de l'histoire française, la division de la population mondiale en 4 races, et l'oeuvre civilisatrice de la colonisation française. 

Le paradoxe de cette IIIeme République s'incarnera dans la figure de Jules Ferry, père de l'instruction publique et surnommé le Tonkinois, pour avoir initié et légitimé la colonisation.

Cette construction d'une histoire nationale était le corollaire de l'Etat-Nation, hégémonique et belliqueux, qui devait forger le sentiment national des futurs soldats. Même le jeune Arthur Rimbaud voulut s'engager dans la Garde Nationale pour laver l'affront de Sedan, en 1870, preuve de la prégnance de cette culture nationaliste.

Cette culture au service de l'Etat atteindra son zénith avec les régimes totalitaires de la première moitié du 20eme siècle, du nazisme au stalinisme, avec l'art au service exclusif d'une idéologie.

Plus généralement, selon la conception marxiste, la culture institutionnelle n'est que le reflet des rapports de classe et dans un Etat bourgeois, la culture s'assimile à de la propagande. Antonio Gramsci avait parlé d'hégémonie culturelle qui participe au consentement des prolétaires à la civilisation bourgoise, alors que les tenants de l'Ecole de Francfort évoquait les industries culturelles. Pour Théodor Adorno et Max Horkheimer, dans La dialectique de la raison, les industries culturelles en diffusant une culture de masse, tendent à uniformiser les modes de vie dans une logique économique.

 

E°) L'émergence des cultures d'en-bas.

 

Le 19eme prend aussi les couleurs d'un naturalisme inédit, avec un Jean-François Millet qui évoque cette France paysanne, si longtemps oubliée, toujours imprégnée de cette culture du sacré, comme dans L'Angelus.

 


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Balzac, dans sa Comédie Humaine, avait narré avec un souci quasi-sociologique, cette France paysanne et petite-bourgeoise du début du 19eme siècle puis ce fut Emile Zola, dans sa saga des Rougon-Macquart, vaste fresque du petit peuple sous le Second Empire, qui évoqua cette culture ouvrière, au travers de livre emblématique comme L'Assomoir ou Germinal, monde laborieux trop longtemps tu.

 

F°)  Vers une autonomie de la culture ?

 

Il n'en reste pas moins que ce 19eme vit aussi une modernité nouvelle, notamment en peinture et un début de séparation entre l'art et l'Etat. C'est Napoleon III qui fit organiser le célèbre Salon des refusés (1863), par l'Académie des Beaux-Arts, et c'est le même Jules Ferry qui donna leur liberté aux artistes, dans un fameux discours de 1881.

 

III.De la culture aux cultures.

 

A°) La remise en cause des cultures institutionnelles.

 

La découverte des Arts Premiers qui influença le cubisme et plus particulièrement Picasso dans ses Demoiselles d'Avignon (1907), avec ce visage inspiré d'un masque africain, le travail des ethnologues comme Marcel Mauss ou Claude Levi-Strauss firent découvrir de nouveaux continents humains avec un rapport au monde et une culture bien différente de la nôtre. Chez les peuples colonisés il y aura Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire qui réhabiliteront cette culture africaine et créole combattue par le colonisateur.

Cette affirmation culturelle des peuples opprimés se fit dans la douleur des guerres coloniales, et un Frantz Fanon stigmatisera dans son Peau noire, Masques blancs, l'hégémonie culturelle occidentale qui aliéna les masses colonisées.

 

B°) Histoire institutionnelle et histoire populaire.

 


Sous l'action de l'Ecole des Annales, des historiens comme Fernand Braudel ou Emmanuel Leroy-Ladurie nous font redécouvrir cette histoire d'en-bas, sociale et paysanne, faites de petits ruisseaux qui ont alimenté le fleuve de la grande histoire, comme dans Montaillou, village occitan

 


C°) La réhabilitation des cultures régionales.

 


L'Etat jacobin français lutta contre les cultures régionales qui empêchaient la formation de la nation française. Il fallut attendre la loi Deixonne, en 1951, pour que 4 langues régionales soient à nouveau autorisées et enseignées à l'Ecole, la loi Haby de 1975 parachevant le travail. Des écrivains comme Pierre-Jakez Helias, Marcel Pagnol ou Jean Giono firent ressurgir ces cultures régionales. Aujourd'hui, notamment dans la gastronomie, les appelations de terroir font fureur, et les musiques locales ont beaucoup de succès, comme les polyphonies corses ou la chanson celtique.

La loi Defferre sur la  décentralisation, en 1982, redonna un pouvoir politique à des régions qui en étaient bien démunies.

Mais les mouvements régionaux ne sont pas exempts de toutes dérives nationalistes, comme au Pays Basque ou en Corse. Le père du nationalisme basque, Sabino Arana Goiri était accusé de racisme et certains mouvements bretons, comme le Brezen Perrot, ont collaboré avec les nazis durant la guerre par haine anti-française.

 

D°) Culture de classe, culture générationnelle.

 


Les mutations initiées par les révolutions industrielles vont faire émerger de nouvelles classes sociales, la classe des salariés et plus particulièrement des ouvriers. Les bals populaires, l'apéritif au café, le football, le cyclisme vont être les marqueurs de cette nouvelle culture ouvrière structurée par des associations et des organisations politiques, qui se voulait humaniste et solidaire. Cette culture-là se dissout aujourd'hui dans la désindustrialisation qui frappe les pays occidentaux et dans la disparition de métiers qui avaient une forte identité. Le réalisateur marseillais Robert Guédiguian évoque cette culture qui se meurt dans ce quartier de l'Estaque parsemé de friches industrielles. 

Si la culture ouvrière disparaît, la culture "jeune" se porte bien. Née durant les "Trente Glorieuses" et l'enrichissement de l'Occident, synonyme d'argent de poche pour les jeunes et d'accès aux études supérieures,  elle eût ses icones avec James Dean

 

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et Elvis Presley, dans les années 50, aux USA, en France avec "Salut les copains" et les Yéyés, s'articulant autour des produits culturels comme le disque, la radio, le cinéma et la télévision. On peut voir les événements de Mai 68 comme l'expression des revendications de cette jeunesse qui en avait marre de la morale désuète gaullienne et voulait plus de liberté.

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La culture "jeune" peut être perçue comme un désir individualiste et épicurien de profiter de la nouvelle opulence donnée par la société de consommation et de jouir de nouveaux droits individuels, en s'appuyant sur le slogan "il est interdit d'interdire". La liberté sexuelle sera un des nouveaux étendards de cette jeune génération qui s'épuisera dans l'antienne: "Faites l'amour, pas la guerre". Un autre versant de cette culture juvénile s'inscrira dans le mouvement Hippie, qui ajoutera à cette revendication de liberté, un refus de la société de consommation. Le Festival de Woostock, en 1969 sera le zénith musical de ce mouvement "peace and love", 

 

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et se focalisera dans le combat contre l'extension d'un camp  militaire, dans le Larzac, dans les années 70.

Nous pouvons noter, aussi, avec l'allongement de l'espérance de vie, de l'apparition d'une culture "troisième âge", qui s'articule autour des associations, des Universités du Temps Libre et des voyages organisés. Certains arts, comme le dessin et la peinture sont très appréciés de nos retraités. Ce poids grandissant des retraités dans nos sociétés a des conséquences dans tous les domaines de la société.

 

 

 

E°) Du haut vers le bas, la démocratisation de la culture institutionnelle.

 

Le nombre de musées, en France, a explosé, avec 35 musées nationaux et 1200 musées provinciaux, cumulant 27 millions de visiteurs en 2011, permettant au plus grand nombre de profiter des oeuvres d'art.

 

IV. Du musée au supermarché, de la culture à la consommation.

 

A°) La société de consommation.

 

L'émergence de la société de la consommation, avec son cortège de publicité, de nouveaux objets et de supermarchés a pronfondément marqué les comportements des citoyens et la cultur occidentale. Comme l'avait noté le sociologue Jean Baudrillard, dans La société de consommation, l'acte de consommation ne répond pas à des besoins, mais à un désir, pour les individus, de se différencier.

Guy Debord, dans La société du spectacle, parlait de la marchandise comme d'un "produit total" et stigmatisait notre aliénation aux produits, à ces objets qui se multiplient et qui rendent cette consommation si séduisante.

 

b°) Culture consumériste, marchandise artistique.

 

La société de consommation va profondément impacter la culture contemporaine par son esthétique et son mode de production. Nous allons assister à un double mouvement : d'une part, l'art qui va s'accaparer les objets de consommation, d'autre part, ces mêmes marchandises qui vont entrer dans les musées.

C'est Stuart Davis, formé à l'Ash Can School de Robert Henri qui, le premier, va immortaliser avec Lucky Strike

 

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une marque commerciale sur un tableau, relayé un peu plus tard par le Pop Art, qui fera de l'objet de consommation, un vecteur artistique, comme la Campbells Soup d'Andy Warhol.

 

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Dans le sillage des Ready Made de Marcel Duchamp, la logique d'esthétisation de l'objet de consommation va s'épuiser dans Ale Cans, de Jasper Johns !

 

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Si les objets entrent dans les galeries et les musées, transcendant leur dimension fonctionnelle pour dégager leur puissance esthétique, l'art se démocratise, aussi, par le biais du design, en esthétisant les produits de consommation courants, comme le prêt-à-porter qui intègre des éléments de la haute-couture.

La forme suit la fonction, selon la formule de Louis Sullivan, sera repris par le Bauhaus, promoteur d'un art de masse s'inscrivant dans les objets de la vie quotidienne. Le Beau institutionnel a aussi envahi l'univers de la consommation, la forme de certaines voitures restant cultissime, comme la DS Citroën ou certaines voitures de sport.

La société de consommation est aussi une machine à recycler les modes et les mouvements politiques et sociaux, comme ce Che, féroce anticapitaliste, qui orne, désormais, des T-Shirts et autre grille-pain.

 

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La forme au détriment du fond, serait aussi une antienne du design et des arts décoratifs, qui noient le consommateur sous une pluie d'images, neutralisant tout discours hétérodoxe.

 

C°) La TV et le cinéma, cheval de Troie de l'impérialisme culturel américain ?

 

La promotion de la société de consommation et de l'American Way of Life se sont faites par l'intermédiaire du cinéma et des séries TV américaines, générant une "colonisation" des esprits selon des schémas culturels étatsuniens. Juste après la guerre, en 1946, les accords Blum-Byrnes ouvrent la France au cinéma américain qui va envahir les grands écrans hexagonaux. Par le biais du cinéma, puis des séries TV, le mode de vie étatsuniens va impacter les habitudes européennes, ancrant ces dernières dans une culture libérale et consumériste. Le cinéma américain sera tellement pregnant, que certains genres typiquement US, comme le western, dont John Wayne fut un héros récurrent, 

 

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furent repris par des cinéastes européens, notamment en Italie, avec le western spaghetti ! Un film comme Il était une fois dans l'Ouest, de Sergio Leone, resta plusieurs années à l'affiche dans une salle parisienne, et rendit célèbre le cinéaste italien, qui revisitera l'histoire américaine avec Il était une fois la révolution et Il était une fois en Amérique, illustrant bien l'influence de la culture étatsuniennes sur l'Europe d'après-guerre.

Les séries TV US contribuent aussi à populariser la culture américaine dans le monde entier et la multiplication des chaînes, noie le téléspectateur dans un continuum d'images infini. Les programmes de divertissement deviennent la norme et détournent (divertir vient du latin "divertere" qui signifie "détourner")  le citoyen des vrais problèmes.

 

Certaines civilisations comme l'arabo-musulmane, résistent à cet impérialisme culturel américain, qui bouleverse les traditions et les valeurs de ces pays. 

 

D°) Les supermarchés, cathédrales de la consommation.

 

Faire du shopping devient une activité courante, dans des centres commerciaux de plus en plus vastes qui attirent de vrais acheteurs et des badauds, parfois sans le sou, qui viennent participer à cette fête de la consommation, avec les yeux. Des magasins discount vendent des babioles à des prix bon marché, pour que tout le monde s'intègre à ce consumérisme effréné et souvent absurde et participe à la grande fête consumériste comme l'illustre Duane Hanson, avec des oeuvres qui stigmatisent ces pratiques, comme Supermarket Lady.

 

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Chez l'individu, le consommateur prend le dessus sur le citoyen.

 

V°) La révolution internet, vers une culture mondialisée.

 

A°) La galaxie internet.

 

L'invention de la toile va impacter la société comme le fit l'invention de l'imprimerie de Guttenberg ou l'irruption de la télévision. Internet démocratise l'accès au savoir et rend la formule de Mc Luhan, "le village mondial" efficiente.

La chanson de Psy, un chanteur sud-coréen, est devenu mondialement connue grâce à You Tube.

Internet remet en cause la toute puissance des médias traditionnels, qui s'interposaient entre le citoyen et la réalité par la médiation des journalistes. Désormais, l'accès à un média de masse peut se faire à un prix dérisoire et le phénomène des blogs a pris une ampleur sans précédent, avec environ 10 millions de blogs aujourd'hui, en France. Les sites et les blogs sur internet court-circuitent la médiation journalistique et libèrent la parole venant de la France d'en-bas.

Les jeux vidéos réunissent aussi des millions de joueurs à travers le monde, créant une interactivité passionnante mais très addictive, qui plonge le joueur dans un monde merveilleusement universel mais virtuel. Ces jeux vidéos sont un peu le nouvel "opium du peuple", 10 fois plus hypnotisant que cette vieille télévision !

 

B°) Des capitales mondialisées.

 

Dans les villes, une culture uniformisée se met en place, avec, par exemple, une worldfood que l'on retrouve dans toutes les capitales, du hamburger au kebab en passant par le sushi.

La mode se diffuse de partout, comme le sportwear qui, au travers de l'image de quelques stars mondiales, comme Michael Jordan, marque les habitudes vestimentaires de millions de gens. 

Les nouvelles technologies nomades sont des adjuvants universels, initiant de nouvelles manières de communiquer.

 


Par Tietie007 - Publié dans : CULTURE GENERALE - Communauté : Passion Histoire
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Mercredi 28 novembre 2012 3 28 /11 /Nov /2012 16:02

I. La naissance d'un art américain.

 

Pays jeune, composé de migrants européens, le Vieux Continent aimantera encore pour longtemps les apprentis artistes du Nouveau Monde. Ce sont souvent des événements historiques qui accouchèrent d'un art américain.

 

A°) La guerre d'Indépendance et ses nouveaux héros.

 

1°) Les portraits de John Singleton Copley.

 

John Singleton Copley (1738-1815) fut un des grands portraitistes de l'époque, avec ses figures pleine de réalisme et de précision. Son Garçon à l'écureuil (1765) brille par son élégance.

 

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(Source:wikipedia)


Mais le peintre excellera aussi à présenter les héros de la révolution américaine, comme Paul Revere ou Samuel Adams. Copley nous livrera aussi une effrayante attaque de squale dans Watson et les requins (1778) qui aurait pu inspirer le Steven Spielberg de Jaws.


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Comme beaucoup d'artistes américains, Copley part faire ses gammes en Europe où il s'installera définitivement à Londres, après le déclenchement de la guerre d'Indépendance.

 


2°) Benjamin West et John Trumbull ou la peinture historique.

 

West fut un des premiers peintres nés dans le Nouveau Monde qui connut un grand succès en Angleterre. Comme Copley, il s'exila en Europe pour faire ses humanités, à Rome puis à Londres. Il se spécialisa dans la peinture de scènes historiques, comme son Traité de William Penn avec les amérindiens (1771).

 

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John Trumbull (1746-1843) fut aussi un des narrateurs de la guerre d'Indépendance, avec sa Déclaraction d'Indépendance.

 

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Lui aussi finira à Londres, comme Copley et West, preuve de la fascination du Vieux Continent sur les artistes du NouveauMonde.

 

3°) Charles Willson Peale et le premier musée américain.

 

Peale (1741-1827), élève de Copley et de West, sera le créateur du premier musée américain, à Philadelphie, en 1782, collationnant les portraits des héros de la jeune nation américaine.

 

4°) Thomas Cole et l'Hudson River School.

 

Thomas Cole sera le leader de la première école artistique américains, l'Hudson River School, qui s'attachera à peindre la nature prodigue du Nouveau Monde. Influencé par le naturalisme et le romantisme, Cole déclarera que " la nature sauvage est l'endroit approprié pour parler de Dieu", phrase inaugurant une forme de panthéisme propre aux immensités américaines. Cole se plaira à découvrir les monts Catskill et à les peindre. Il fut aussi l'auteur, en 1936, du Cours de l'Empire, fresque en 5 tableaux retraçant l'évolution d'un même lieu de l'état sauvage

 

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à la désolation,

 

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en passant par la civilisation.

 

Asher B.Durand, Frédéric Church ou Sanford Gifford cultiveront l'image paradisiaque du continent.

Albert Bierstadt ou Thomas Moran exploreront l'Ouest lointain, des Rocheuses au site de Yosemite et se feront les conteurs de cette nature immaculée. Les initiateurs du projet du parc naturel de Yellowstone, utilisèrent des toiles de Moran pour convaincre le Congrès américain.

 

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 (Le grand canyon de Yellowstone)

 

5°) Winslow Homer et le choc de la guerre de Sécession.

 

La guerre de Sécession va briser ce romantisme naturaliste, idéalisant cette terre promise, et Winslow Homer, engagé par le Harper's Weekly pour suivre l'armée du Potomac, narrera au public américain cette guerre civile.

 

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(Jour pluvieux dans un camp, 1871)

 

6°) Thomas Eakins, peintre et photographe d'une puissance naissante.

 

Thomas Eakins, peintre et photographe, s'attachera à décrire la réalité sans fard, comme dans La clinique Gross,

 

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où la main ensanglantée du chirurgien fit scandale, et s'attacha à étudier l'anatomie humaine, comme dans ce montage photo.

 

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Mais dans cette Amérique puritaine, les excès du peintre/photographe, vont lui  coûter son poste à l'Académie de Pensylvannie.

 

Mais la tentation européene était toujours très présente, chez les artistes américains, comme les exils du fantasque James Whistler  ou de John Singer Sargent, qui fit ses classes chez Carolus Duran, dont voici le portrait.

 

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II. Du réalisme social de Robert Henri au Pop Art.

 

1°) Robert Henri et l'Ash Can School.

 

Robert Henri, comme tous les peintres américains, fit un détour par l'Europe et notamment par Paris, avant de retourner aux USA et d'enseigner au New-York School of Art.  C'est ici qu'Henri va rencontrer des illustrateurs de magazine, peintre à leurs heures perdues, pour former un groupe de 8, qui exposera en 1908, à Manhattan, et que l'on surnommera, postérieurement, par rapport à un tableau de George Bellows, Disappointments of Ash Can, en 1915 et improprement, l'Ash Can School. Le centre de gravité de la peinture américaine va alors se déplacer de Philadelphie vers New-York.

La devise de Henri était de ne pas faire de "l'art pour l'art", mais faire un art qui illustre "l'esprit du peuple". L'inspiration, les peintres de l'Ash Can la puiseront donc dans la vie quotidienne des citadins américains, dans les rues et les arrières-cours, traquant le Beau dans le banal et du quotidien, faisant du prosaïque et du trivial la grammaire de leurs oeuvres. Ce rapport intime avec la réalité des américains, la bande des 8 l'avait déjà travaillé dans les magazines dans lesquels ils travaillaient, en tant qu'illustrateurs, symbole d'artistes américains qui, loin des Académies européennes et de leur élitisme, venait de l'école du journalisme, dans laquelle ils avaient taillé leur pragmatisme et leur sens de la réalité comme  dans ce McSorley's Bar (1912), de John Sloan.

 

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Edward Hopper et Stuard Davis furent des élèves de Robert Henri et leur style, notamment pour le premier, sera imprégné de ce culte du quotidien.

Henri fut donc un artiste engagé qui créera une école d'art au Centre Ferrer, institution anarchiste qui verra passer des personnalités comme Man Ray et Léon Trotsky.

 

2°) Edward Hopper et la redécouverte de l'Amérique.

 

a°) La tentation du Vieux Continent.

 

Comme beaucoup de ses collègues, Hopper fait son voyage initiatique en Europe, plus particulièrement à Paris, où il peindra le Louvre et les quais de Seine. Notre francophile aura du mal à se détacher de cette influence et il faudra attendre 1924 et ses aquarelles de maisons néo-victoriennes à Gloucester pour qu'il renoue avec un art authentiquement américain.

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 (House by the railroad, 1925)b°)

 

b°) Dans le sillage de l'Ash Can School.

 

Hopper s'inscrit dans le chemin tracé par Robert Henri, en narrant l'Amérique urbaine de l'entre-deux-guerres, comme dans son célèbre Nighthawks (1942).

 

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Comme pour le groupe de l' Ash Can, le peintre est aussi illustrateur dans les magazines, ce qui l'ancre profondément la réalité américaine et l'artiste a le souci "démocratique" de rendre ses peintures intelligibles au plus grand nombre. Le MoMA lui consacre une première rétrospective en 1933 et Alfred Barr, le directeur du musée, rapprochera sa peinture du cubisme, par son caractère géométrique.

 

3°) Le Pop Art et la culture de masse.

 

 

Si le Pop Art naquit en Grande-Bretagne, dans les années 50, avec des artistes comme Richard Hamilton et Eduardo Paolozzi, c'est surtout aux USA, dans les années 60, avec Andy Warhol, Jasper Jones, Robert Rauschenberg, Roy Lichtenstein ou Claes Oldenburg, que ce mouvement va atteindre son zénith. 

Le Pop Art, s'inspirait des icônes de la culture de masse, des objets produits par la société de consommation, pour mieux questionner le sens du consumérisme, libérateur et aliénant. Cette plongée de l'art dans l'univers de la consommation avait déjà été annoncée par un élève de Robert Henri, Stuart Davis, qui, en 1921, peignait son Lucky Strike.

 

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      (Flag, 1954)

 

Lichtenstein détournait la BD, 


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(Whaam, 1963)

 

Claes Oldenburg fustigea le consumérisme ambiant, qui réduisait l'être humain à une machine à consommer, et Andy Warhol reproduisit à l'infini la Campbell's soup

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ou l'image de Marilyn Monroe, dans une sérigraphie fort célèbre.


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(Marilyn Monroe, 1967)

Le Pop Art détournait les objets de leur fonction utilitaire, comme le faisait Marcel Duchamp avec ses "Ready Made", pour en révéler leur esthétique, parfois saugrenue, dans des expositions ou dans des musées. Mais le Pop s'inscrivait aussi dans ce culte du quotidien, cette culture  populaire, déjà honorés par l'Ash Can School.

 

III. L'expressionnisme abstrait.

 

1°) Les pionniers.

 

L'art moderne aux USA fut porté par le collectionneur et galeriste Alfred Stieglitz, qui en 1908, organisa une exposition à New-York pour faire connaître au public américain, Picasso, Picabia, Matisse.

Le galeriste va soutenir des peintres comme Georgia O'Keefe, Arthur Dove, ou Marsden Hartley, et son Portrait d'un officiel allemand (1914).


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En 1913, il organisa une vaste exposition, l'Armory Show, où il exposa 1250 toiles  d'artistes européens et américains. La manifestation fit scandale, mais lança l'art moderne aux Etats-Unis.


2°) L'expressionnisme abstrait.

 

a°) L'influence des exilés européens.

 

A partir de 1933, beaucoup d'artistes allemands s'exilent aux USA pour fuir les nazis. La vision de Hans Hofmann, qui enseigna à Berkeley et à New-York, va profondément influencer des jeunes peintres, comme Lee Krasner, Mark Rothko, Clement Greenberg et même un certain Robert de Niro, le père de l'acteur.

La guerre, à partir de 1939, va provoquer une autre vague d'émigration vers le Nouveau Monde, avec les départs de Marc Chagall, Yves Tanguy ou Max Ernst, faisant de New-York la nouvelle capitale de l'art moderne, art détesté par les nazis.

C'est à partir de 1948 que quelques artistes, comme de Kooning, Franz Kline ou Jackson Pollock,  commencent à parler d'expressionnisme abstrait et la même année, une exposition financée par des fonds publics, met en scène cette nouvelle manière de peindre. En 1952, le MoMA, avec "The New American Painting" fera connaître ce mouvement au monde entier.

 

b°) Jackson Pollock, psychanalyse et dripping.

 

Issu d'une famille pauvre de l'Ouest américain, alcoolique précoce, Jackson Pollock, qui ne fera pas d'études secondaires, fut, dès son enfance,  fasciné par les rituels Navajos. Dans les années 30, il s'inscrit dans une école d'art à New-York et est impressionné par les fresques murales du peintre mexicain José Clemente Orozco et par l'oeuvre de Picasso. En 1937, il suit une cure de désintoxication alcoolique et commence une psychanalyse avec un élève de Jung. L'oeuvre de Pollock fut profondément influencée par l'écriture automatique surréaliste, sensée être une passerelle vers l'inconscient et les pratiques najavos, notamment les dessins que ces derniers pratiquaient sur le sable. Sur une toile clouée au sol, autour de laquelle le peintre pouvait graviter, il se livrait à la technique du dripping (égouttement) et du pourring (déversement), ayant un rapport très physique dans la création de son oeuvre.

L'expressionnisme abstrait est donc, à l'inverse, de l'Ash Can School et du Pop Art, un mouvement plus élitiste, déconnecté de la société, qui se concentre sur la psychologie de l'artiste qui exprime son "moi" profond, dans ses oeuvres.

Pollock par son investissement physique lorsqu'il travaillait, photographié par Hans Namuth, fut à l'origine de l'expression "action painting", qui consacre l'importance de la gestualité des peintres dans leur oeuvre, un peu comme si l'artiste effectuait des rituels sacrés, redonnant à l'art une transcendance que Pollock avait trouvé chez les Navajos.

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(Automn Rythm, 1950)

 

 

Par Tietie007 - Publié dans : HISTOIRE DES ARTS - Communauté : Passion Histoire
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Mardi 30 octobre 2012 2 30 /10 /Oct /2012 06:13

Le premier conflit mondial a des causes multiples, si l'attentat de Sarajevo, en juillet 1914, en fut l'élément déclencheur, des raisons plus profondes sont à l'origine de la déflagration guerrière qui enflamma le continent européen puis le monde.

 

I.La rivalité entre les puissances occidentales.

 

La Conférence de Berlin, en 1884-1885, réunit les puissances européennes pour décider du partage de l'Afrique. Néanmoins, les rivalités coloniales entre grandes puissances conduisirent à des crises comme celle de Fachoda, entre franco-anglais, en 1898, mais surtout les deux crises marocaines, entre le France et l'Allemagne, en 1905 et 1911. 

colonialisme-afrique-colonie.jpg

(Source:encyclopédie BS)

 

II. Le système des alliances, Entente contre Triplice.

 

1°) De la Duplice à la Triplice.

Pour contrer la menace russe et française, le chancelier allemand Bismarck,

bismarck-allemagne.jpg

(Source:wikipedia)

va sceller (=contracter) une alliance avec l'Autriche-Hongrie, empire central au coeur du continent européen, en 1879, alliance appelée Duplice.

En 1882, l'Italie, irritée par la colonisation de la Tunisie par la France, pactise avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie pour fonder la Triplice.

 

2°) De l'alliance avec la Russie à l'Entente cordiale avec l'Angleterre.

La France, vaincue en 1870 par la Prusse,  face aux manoeuvres diplomatiques allemandes va nouer des liens avec le tsar, pour aboutir à l'alliance franco-russe en 1892. Cette alliance sera militaire, mais aussi financière, puisque l'argent français s'investira dans l'économie russe. Cette alliance sera scellée par la construction du magnifique pont Alexandre III, tsar de toutes les Russies,  à Paris, en 1896, qui enjambe la Seine,

alexandre-pont-paris-bridge.jpg

(source:wikipedia)

 

et qui fut inauguré lors de l'Exposition universelle, en 1900.

En 1904, français et anglais se rapprochent et signent l'Entente cordiale, puis, les anglais se rapprochent des russes, en 1907, formant la Triple Entente.

Deux blocs se font alors face en Europe, prêts à en découdre !

800px-Map Europe alliances 1914-fr.svg

(Source:wikipedia)

III.La passion nationaliste.

 

Le nationalisme né sur l'autel de la Révolution française n'a fait que se renforcer, au 19eme siècle, et s'intensifie en ce début de 20eme siècle. Des jeunes états-nations comme l'Allemagne (crée en 1870) ou l'Italie (1861) veulent s'affirmer, alors qu'au centre de l'Europe, l'empire austro-hongrois est soumis aux forces centrifuges des nationalités (comme le montre la carte ci-dessus).

Dans les Balkans, des tensions étaient vives entre la Serbie et l'Autriche-Hongrie, depuis que cette dernière avait annexé la Bosnie-Herzégovine, en 1908, humiliant les slaves et fâchant la Russie. Les ressorts du futur attentat de Sarajevo, en juillet 1914, étaient déjà inscrits dans cet antagonisme.

La défaite humilante de la France contre la Prusse, en 1870, si elle a accouché de la République, restera une blessure dans l'orgueil national, et durant plus de 40 ans, la République aura les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges, dans l'espoir, un jour, de reprendre l'Alsace et la Lorraine annexées par les allemands en 1871.

De même, en 1912 et 1913, dans les Balkans, deux guerres opposent l'Empire Ottoman et les régions européennes qu'il domine, illustrant les tensions nationales dans cette région du monde.

Les peuples étaient tellement chauffés à blanc, dans leur passion nationaliste, que le socialiste Jean Jaurès, prônant le pacifisme,

 

Jean-Jaures01.jpg

 

fut assassiné par Raoul Villain, la veille du début des hostilités, le 31 juillet 1914.

 

IV. La course aux armements et la militarisation des sociétés.

 

Jusqu'en 1914, tous les états européens ont augmenté leurs budgets militaires, et la course aux armements fut une réalité. En France, le service militaire obligatoire passe de 2 à 3 ans, en 1913, preuve que les tensions s'exacerbent.

En Allemagne, en Autriche-Hongrie et en Russie, les chefs d'état-major de l'armée ont un poids important. Le chef de l'armée autrichienne, Franz Conrad von Hötzendorf déteste les serbes et veut en découdre, soutenu par le chef de l'armée allemande, von Moltke, qui, contre le chancelier Bethmann-Holwegg, soutint l'ultimatum autrichien et le poussa à refuser toute conciliation. Les militaires des empires centraux poussèrent donc à la guerre souvent contre l'avis des civils.

V. L'attentat de Sarajevo, l'élément déclencheur.

Le 28 juin 1914, l'héritier au trône impérial, François-Ferdinand d'Autriche

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(Source:wikipedia)

visite la capitale de Bosnie-Herzégovine, Sarajevo, récemment annexée par les austo-hongrois. Un jeune nationaliste bosniaque, Gavrilo Princip

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attaque le cortège officiel et tua l'archiduc et sa femme. L'Empire austro-hongrois, instrumentalisa l'attentat pour accuser la Serbie d'avoir armé la main du jeune terroriste et envoya aux serbes, le 23 juillet, un ultimatum que ces derniers ne pouvaient que refuser. La Russie de Nicolas II,

 

nicolas-russie-tsar.jpg

 

 

alliée de la Serbie, commença à mobiliser ses troupes, rejettant l'ultimatum allemand d'arrêter sa mobilisation générale. Le 1er août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie, provoquant, par le jeu des alliances, la conflagration générale. 

 

Un QUIZZ pour vérifier vos connaissances.

 


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